Portraits de réussites

Métiers de la beauté, de la santé et du social

Éric Kyriakides, cadre de santé en service pharmaceutique

 

Eric Kyriakides était considéré comme un élève plutôt moyen au collège, c’est pourquoi à l’époque il a été dirigé vers les métiers dits manuels. Même si personnellement il ne se retrouvait pas dans ces métiers, le système pédagogique a convaincu ses parents qu’il ne pourrait prétendre à un autre type d’emploi.  Pendant quelques mois il a senti le besoin de s’isoler pour faire le point et grâce à un enseignant connaissant sa passion pour les sciences, il découvre la possibilité de préparer un CAP préparateur en pharmacie qui lui permettrait ensuite d’accéder au Brevet de préparateur en pharmacie.

Cette possibilité le conduit à prendre contact avec la SEPR pour obtenir des précisions sur le métier de préparateur en pharmacie. Il s’avère que trouver une officine susceptible de l’engager en apprentissage est la condition préalable à la préparation du diplôme. En septembre 1982, il se lance donc dans les recherches et visite plus de 120 officines avant de trouver celle qui lui offre sa chance.

 « La SEPR a eu cette capacité de me donner une deuxième chance, à travers un métier et à travers l’apprentissage, pour me construire professionnellement et individuellement. En 1984 j’ai eu mon CAP, et à un moment j’ai eu un déclic. A un moment donné vous vous dites « je ne veux plus perdre, j’ai envie de gagner maintenant », et à partir de là, tout s’enchaine. »

Sa première expérience d’apprentissage est assez difficile, il doit être opérationnel rapidement et commence à délivrer des médicaments dès le premier jour. Son deuxième maître d’apprentissage était plus dans la construction de l’individu et la diplomatie. Eric considère que l’apprentissage est « un autre mode d’enseignement. A un moment donné, il y a toujours quelque chose en quoi vous êtes doué. Et c’est à cette chose que vous vous raccrochez et vous commencez à travailler sur d’autres choses dans lesquelles vous êtes moins doué. » Pour lui, c’est une forme de tutorat qui permet d’avoir un pied dans la vie active pour les élèves qui ne s’identifient pas au système scolaire général.

Ayant obtenu son BP de préparateur en pharmacie en 1987, Eric passe un concours des Hospices civiles de Lyon qu’il réussit en 1988. En 1989, il intègre l’Hôpital de la Croix-Rousse. En 2002 il prépare un concours de cadre de santé, qu’il réussit. Le fait d’intégrer en 2006 l’Institut de formation des cadres de santé lui a permis de préparer une licence en sciences de l'éducation en 2007, et de commencer un Master 2 en sociologie des organisations qu’il obtient en 2013.

Aujourd’hui, Eric reconnait qu’il y a parfois eu des jugements un peu trop hâtifs, qui classent les professionnels  sur des critères de métiers dit intellectuels ou dit manuels. Il est désormais maitre d’apprentissage et travaille avec les 3ème et les jeunes issus de l’école de la 2ème chance. Selon lui, il n’y a rien de plus péjoratif que de dire que vous ne pouvez pas.

« Comment peut-on exercer un métier avec ses mains, sans avoir de tête ? On ne dissocie pas le manuel de l’intellectuel. On ne peut pas en fonction uniquement d’un critère de note, dire « vous êtes capable de faire ceci ou cela ».

 

Sylvie Donatellis, Meilleur Ouvrier de France Esthétique

Sylvie Donatellis a toujours été attirée par les métier de l’esthétique, mais sa première vocation était la photographie. Attachée au développement des photos à l’ancienne en chambre noire, elle a vécu l’arrivée du numérique comme une désillusion et a décidé de se tourner vers l’esthétique. Suite à des stages en classe de seconde, elle tombe véritablement amoureuse de la profession et notamment de l’aspect cocooning et prise en charge de la personne. « Le monde actuel va tellement vite que la possibilité de faire une parenthèse et de prendre un instant pour soi est un moment à part entre l’esthéticienne et la cliente ». Donner du bonheur et apporter le bien-être est ce qui l’a séduite dès le départ, plus encore que la mise en beauté. Le côté humain est pour elle essentiel dans son métier. 

Suite aux stages qu’elle réalise en seconde, Sylvie s’inscrit à la SEPR en 1997 pour suivre un CAP esthétique qu’elle obtient en 1999. À l’époque, elle ne souhaitait pas rester à l’école et voulait apprendre son métier en travaillant, ce qui l’a poussée à faire le choix de l’alternance. Elle commence ses cours avec Nadine Bernardin et a une révélation, tout la passionne.  La recherche d’un maître d’apprentissage s’avère plus compliquée, elle finit par en trouver un à Beynost. Les trajets quotidiens mettent à l’épreuve sa motivation, mais sa chance est de rencontrer un maître d’apprentissage qui lui fait réellement confiance. Grâce à cette expérience Sylvie acquière de l’assurance et l’envie d’élargir ses connaissances. Elle garde un très bon souvenir de son apprentissage et de ses professeurs. « Ce sont des personnes qui s’intéressent à leurs élèves, qui les poussent à devenir quelqu’un, à devenir professionnel. »

En 2008, elle débute un BP esthétique à l’école Peyrefitte en alternance dans un institut-parfumerie. Cette expérience lui permet ensuite de travailler quelques mois en parfumerie, avant de se mettre à son compte en 2002, à l’âge de 21 ans. Son jeune âge lui cause quelques difficultés, elle met 8 mois à monter son projet et à rassurer la méfiance des banques. 

Pendant 8 ans elle tient son salon à Lyon 7ème et prend une apprentie qu’elle forme pendant 2 ans avant de l’embaucher. Pour Sylvie, la gestion de son entreprise a été une expérience fabuleuse et enrichissante, mais aussi difficile. « J’ai toujours eu à cœur de donner le meilleur à mes clientes, car j’estime qu’une personne qui vient faire un soin dans un institut doit repartir avec un sourire et une satisfaction à 100%. »

En 2005, Sylvie s’inscrit au concours de Meilleur Ouvrier de France en esthétique-cosmétique et art du maquillage. Ce concours récompense l’excellence, mais aussi l’innovation, ce qui implique des heures d’entrainement et de formation. Elle y a d’ailleurs présenté un massage amincissant russe, peu pratiqué en France. Elle obtient le titre en novembre 2007 au prix de gros sacrifices et d’un travail titanesque. Cette consécration, ne signifiait pas pour elle la fin, mais le début d’une nouvelle aventure. 

En 2010, Sylvie a envie de changer et de transmettre son savoir. Elle décide de vendre son salon et devient formatrice itinérante dans le domaine de la minceur et de l’anti-âge pour la marque LPG Systems.

Jacques Mottard, Directeur de JSR Implantation enseigne "Carlance"

Carlance, centre de beauté sans rendez-vous n°1 en Rhône-Alpes, propose des prestations d’épilation, de soin du visage et du corps, d’amincissement, de bronzage et de manucure.

Parmi les différentes franchises du groupe, il y a le réseau de Jacques Mottard. Et depuis 2010,il a fait le choix d'entretenir des relations étroites avec la SEPR.
Chaque année jusqu'à deux apprenties vont se former en alternance dans les enseignes de Vaise, Oullins ou Charpennes.

C'est d'une volonté de développer l'apprentissage au sein de sa chaîne que ce chef d'entreprise a choisi de se laisser tenter par la formation en alternance. La recherche d’un centre de formation proposant le CAP esthétique en alternance l'a conduit spontannément à contacter la SEPR. Les premiers échanges ont été productifs et la confiance est renouvelée chaque année pour accueillir des jeunes en formation.
Sa société existant depuis 2006, le partenariat avec la SEPR, permet à Jacques Mottard d’accompagner son développement et de donner une chance manifeste aux jeunes. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on retrouve parmi ses salariées, des anciennes apprenties. Sa forte implication dans le système de l’apprentissage soutient les jeunes jusqu’à l’obtention de leur diplôme.

Jacques Mottard témoigne de son expérience : « Notre collaboration avec la SEPR est pour nous un succès, nous avons permis à toutes ces personnes de pouvoir obtenir le CAP et ainsi décrocher un premier emploi.
Actuellement, nous avons en poste comme esthéticienne deux anciennes apprenties formées à la SEPR.
Notre société comporte 3 centres et les bases nécessaires pour un apprentissage bien encadré sont en place.(maitre de stage formé auprès de la chambre des métiers, grille d’évaluation, rapport de contrôle qualité trimestriel, Chartre Carlance des prestations et protocole de soin) sont autant d’outils disponible pour rassurer et assister les apprentis.
L’implantation de la SEPR dans les nouveaux locaux est également un plus, pour permettre au apprentis de disposer de l’ensemble des outils nécessaires et ainsi s’acheminer vers la priorité « l’obtention du diplôme ».

Philippe Ankri, ou l’art de la coiffure et de la transmission...


©LEA BUGNET

Né à Toulouse en 1961, il n’était pas prédestiné à faire de la coiffure son métier. C’est sa mère qui, convaincue de ses talents artistiques, l’oriente dans cette voie : Philippe n’est pas séduit. Elle lui suggère de rencontrer Bruno Villemagne, un talent de l’école Lorca, qui parviendra à le convaincre de débuter une carrière d’artiste. Il lui confie très vite brosse et sèche-cheveux, et l’aisance de Philippe l’impressionne. Ce dernier fidélisera très rapidement une belle clientèle et réussira parallèlement son CAP à la SEPR.

Suit une expérience de trois ans dans un groupe de franchise qu’il quittera pour "monter" travailler à Paris. Là, il est sollicité par les grands de la coiffure : Maniatis, Jean-Louis David, avec lequel il collabore sur des séances photo et vidéo pour les défilés de créateurs. Il entre en relation avec des bureaux de presse et travaille en free lance pour des défilés : Chantal Thomass, Thierry Mugler, Comme des Garçons, Claude Montana. Sa rencontre avec Maurice Franck lui ouvre les portes des maisons de haute couture : Nina Ricci, Revillon, Lanvin, Givenchy.

À vingt-cinq ans, de retour à Lyon, il crée sa propre affaire, s’installe, 2 place Maréchal-Lyautey et devient assez vite une référence nationale. Son concept de l’embellissement donne la priorité à la qualité, à la créativité, à la maîtrise des savoir-faire, à la recherche de l’excellence et de la perfection. Philippe Ankri a compris très tôt que le travail artistique ne suffirait pas et qu’il lui fallait maîtriser management, gestion et communication…

Autre principe de travail qui lui est cher : la transmission. Soucieux que chacun "puisse trouver sa place et réussir à se faire accepter par les autres comme un maillon indispensable de l’équipe", il reçoit chaque année des jeunes en apprentissage. "Tous les jours", leur dit-il, "vous devez apprendre quelque chose, comme je le fais encore aujourd’hui" : au-delà de la technique, c’est un état d’esprit qu’il veut transmettre. Et aussi les "3R" qui lui sont chers : regarder, ressentir, réaliser.

Aujourd’hui, Philippe Ankri se lance dans une nouvelle aventure : le groupe a ouvert un second écrin Ankri et sa propre école de formation, il y transmettra son expérience et son savoir-faire et réunira les talents de demain… Les formations seront données pour chaque métier et proposées à différents niveaux. À la transmission du savoir-faire artisanal s’ajouteront des formations inhérentes au management et au luxe.

Christiane Granger et Maryna Kumeda

Hervé Brun, coiffeur, chef d’entreprise et tuteur de 23 jeunes diplômés en coiffure

© Léa Bugnet

Le lyonnais Hervé Brun a toujours été attiré par le métier de coiffeur pour son aspect artistique et le contact avec le public. Après un CAP, puis Brevet professionnel en coiffure obtenu en 1966 à la SEPR, il s’installe à 23 ans à son compte dans le 6e arrondissement, quartier qu’il n’a plus quitté. Il est alors coiffeur et gérant de plusieurs salons, bien apprécié des habitants du quartier. Depuis plus de 15 ans il dirige l’activité du salon 6ème Art coiffure qui regroupe une équipe de 11 personnes, aujourd’hui cogéré avec son associé Olivier Levrat.

« Je crois que je fais partie d’une génération qui a beaucoup de chance : j’ai plusieurs centaines de personnes que je coiffe depuis le début de ma carrière, j’en suis à une 3e génération. Vous ne pouvez pas coiffer des personnes depuis des dizaines d’années sans qu’il y ait une confiance et une confidentialité réciproque qui se mettent en place. »

Gérant et tuteur, Hervé Brun a présenté, pendant sa carrière, 23 apprentis en coiffure, en majorité formés à la SEPR, aux diplômes de CAP et de Brevet professionnel. Tous ont réussi leurs examens. L’objectif, partagé par son équipe, est de transmettre la connaissance et l’amour du métier. Chaque année, il est membre du jury pour la sélection régionale au concours national des meilleurs apprentis de France. Cette implication lui a valu la reconnaissance de l’Éducation nationale : il reçoit en 2010 les Palmes académiques et se voit élevé au grade d’officier en 2013.

Certains de ces apprentis se sont lancés dans l’aventure de création de leur propre activité, ils sont partis explorer le monde (New-York, Suisse, Montréal, Portugal). Ce secteur, très féminisé par ailleurs, permet aux femmes une indépendance professionnelle et leur ouvre plus facilement accès à la création d’entreprise.

Hervé Brun constate aujourd’hui l’attractivité accru du métier auprès des jeunes bacheliers, le niveau de culture général des apprenants a donc aussi augmenté. Cela participe à l’amélioration de l’image du métier qui ne constitue plus le choix par défaut. Par ailleurs, l’élément important dans la formation de coiffeur aujourd’hui est la gestion de son entreprise, l’aspect administratif et financier. Le métier de coiffeur évolue donc incessamment et ouvre toujours aujourd’hui de belles perspectives.

 

Métiers techniques et de l'informatique

Johan Gelet : transmission de la passion

© EMMA VAUTENIN

 

C’est entroisième que Johan comprend qu’il veut donner un aspect plus professionnel à ses études. «  Je voulais davantage m’orienter vers le côté pratique dans ma formation ».  Il décide de faire un bac pro maintenance industrielle, puis poursuit avec un bac pro SEN (Systèmes électroniques numériques) option EIE (Électronique industrielle embarquée) à la SEPR, séduit par les compétences en informatique que cette formation proposait. Durant les trois années de formation, Johan a beaucoup évolué : « Je me suis vraiment senti à l’aise à partir de ma 3e année, le temps d’acquérir les bases et approfondir mes connaissances afin de mettre en pratique ces acquis ».

Son premier cas pratique démarre avec Delta Security Solutions, entreprise de télésurveillance, lors d’un stage qui lui a permis de découvrir le monde professionnel mais aussi de mettre à profit ses compétences.
Passionné par l’engagement associatif, Johan a été pendant ses trois années à la SEPR délégué de sa classe. « J’aime prendre le taureau par les cornes mais aussi porter la voix de ceux que l’on n’entend pas ».
Après son bac pro, il s’est dirigé vers un BTS en systèmes numériques au lycée Edouard Branly. Ici, il se rend compte que sa formation professionnelle et son expérience en électronique lui ont permis de se démarquer des autres élèves qui avaient un profil plus généraliste.

Toujours dans la dynamique associative, pendant ces deux ans en BTS, Johan fut délégué et représentant des étudiants au Conseil d’administration. Il crée par la suite le premier BDE du lycée et le préside pendant un an.
A la fin de son BTS, il poursuit ses études en 3e année de bachelor « Responsable d’activités et responsable projets » à l’IFAG. « J’ai voulu développer mon côté commercial et acquérir une expérience en management ». Durant cette année, il continue à participer à la vie associative de l’école en devenant ambassadeur de l’IFAG.

Actuellement en Master 1, il a choisi de faire un service civique...à la SEPR, son ancienne école : « En cherchant un emploi sur le site de la SEPR, j’ai découvert le service civique ».  Cette annonce l’interpelle, et il décide de postuler.
Johan voit cette mission comme une opportunité : « Étant ancien élève, je veux aider et suivre les élèves en les motivant d’aller de l’avant et d’aller le plus loin possible dans leurs études. Je veux leur dire que rien n’est impossible quand on le veut vraiment et quand on travaille assidûment ».

 

Florian Landowski, entrepreneur et mécanicien cycle


©Stéphane Valotteau

Sans en avoir le projet initial, Florian Landowski a réalisé, au gré des opportunités, la quasi-totalité de son parcours professionnel dans le monde du vélo.

Après un Bac scientifique, il débute une formation de DUT en génie mécanique et porte un projet de devenir accompagnateur de moyenne montagne. Mais son projet change en cours de route et, grâce à un job étudiant de réparateur vélo chez Décathlon, il se découvre une vocation. Pendant 4 ans il travaille à Ecully dans une équipe dynamique de la boutique dédiée entièrement au vélo. La politique de formation interne de Décathlon lui permet d’apprendre les bases de réparation mécanique et pratiquer le contact client. Il intègre ensuite l’entreprise BECYCLE en tant que coursier à vélo pendant 7 ans. Ce travail difficile, surtout l’hiver, le pousse à chercher de nouvelles opportunités. La rencontre avec un étudiant en CQP cycle lui fait entrevoir une possibilité de formation courte qui validerait ses acquis. Dans cette optique, il prend contact avec la SEPR.

Après quelques difficultés pour trouver un financement, il débutera finalement son CQP en 2012 grâce au financement de BECYCLE et de l’OPCA au titre de formation continue en entreprise.

Au cours de sa formation, Florian découvre le marché de la réparation vélo et élabore un nouveau projet pour répondre aux besoins qu’il ressent dans le secteur. Diplômé en mai, un prêt bancaire en poche et un bout de local loué grâce à BECYCLE, il se lance dès le mois de juin 2013.

Florian prend vite conscience que les ateliers vélo des magasins sont souvent saturés : les temps d'attente sont longs, surtout si le vélo ne provient pas du magasin, alors que de plus en plus de personnes achètent leur vélo sur internet. Florian se positionne donc uniquement sur la réparation sans la vente. Avec une offre de déplacement à domicile et de formation aux particuliers, Florian se démarque et augmente de manière régulière son activité, aidé en cela par différents articles parus dans la presse.

Actuellement, le marché de réparation de vélo n’est pas encore totalement structuré, bien que l’usage du vélo soit en augmentation à Lyon. Il n’y a donc pas de réelle concurrence entre les différents professionnels et cela permet le développement de partenariats. Sa priorité reste cependant les particuliers qui représentent actuellement 90% de son activité.

Florian a désormais pour projet de stabiliser son activité afin qu'elle soit 100% viable. Ayant toujours eu envie de travailler seul, il souhaiterait passer à un statut d'entreprise et d’ici quelques années prendre un apprenti. Récompensé en 2016 par le Prix Audace des autoentrepreneurs, il considère qu’« il faut oser se lancer et lancer ses projets. Je suis parti de pas grand-chose, mais on arrive vite à faire tourner une petite entreprise. Ce n’est pas si compliqué, il faut juste se lancer. Et plus ça se développe plus on arrive à faire des choses. C'est un marché qui se porte bien. »

Aurélie Vogin, ancienne étudiante en métiers de l'automobile à la SEPR


©Sarah Gimenez

Aurélie a grandi à Rillieux. Malgré les réticences de sa famille, elle choisit de suivre une formation qui correspond à sa passion : l’automobile. Consciente des avantages de l’apprentissage, elle décide de suivre ses études en travaillant avec une entreprise en alternance. C’est au mois de janvier de son année de 3ème qu’elle prend cette décision et signe son contrat. Elle commence alors un CAP mécanique automobile en 1999, à 14 ans.
Ce milieu très masculin ne lui facilite pas son insertion dans le monde professionnel, mais Aurélie décide de ne pas baisser les bras. La première année, elle est la seule fille entourée de 800 garçons sur le site regroupant les formations en automobile et électricité à Hénon. Grâce à son caractère et sa force de persuasion, elle finit par être parfaitement intégrée et trouve son équilibre. Plus tard, elle bénéficiera même d’un accueil privilégié.

Un parcours pas toujours simple mais qu’elle a su mener avec brio. Elle est aujourd’hui très fière du chemin qu’elle a parcouru, des personnes qui l’ont accompagné et garde un lien étroit avec tous ses mentors.
Au début de sa formation, Aurélie doute de ses capacités et n’a pas toujours confiance en ce qu’elle fait. Elle se rappelle le jour de son premier examen, elle devait démonter un organe, plus rien n’était évident, elle ne savait plus comment faire. Après avoir retrouvé son calme, elle termine l’épreuve avec professionnalisme et se voit décerner la notre de 14 sur 20. Une belle première étape de franchie. En 2001, à la fin de son 1er CAP, Aurélie décide de continuer l’aventure et s’inscrit en CAP Vendeur magasinier en pièce de rechange automobile. Diplôme validé avec succès, elle se voit remettre le prix d’excellence pour son parcours avec la note globale de 19 sur 20.
Grâce à toutes les épreuves qu’elle a su surmonter, Aurélie gagne petit à petit confiance en elle et prend de l’assurance. Ces patrons, qui pouvaient la faire rougir au début, trouvent son travail de plus en plus remarquable et n’ont aucun doute en son efficacité.

Sortie du cursus scolaire, elle va travailler auprès d’un amoureux des voitures qui lui apprendra les méthodes traditionnelles de la mécanique. Dix années pendant lesquelles elle va être accompagnée par les « anciens » du métier qui lui feront découvrir le cœur des voitures. Une époque qu’elle n’oubliera jamais.
Par la suite, Aurélie devient responsable de magasin chez Drevet Citroen à Villeurbanne : elle gère toute la partie professionnelle, atelier mécanique et carrosserie, et assure même le suivi d’un apprenti. En 2014, l’aventure se poursuit et Aurélie devient responsable de magasin chez Deruaz Automobile à Caluire. Elle mène un poste polyvalent et riche : de la gestion administrative à celle en atelier, Aurélie est pleinement autonome et efficace. Elle est également responsable des apprentis qui viennent en formation dans son entreprise et se plait à leur transmettre le goût du métier et l’apprentissage de l’autonomie. Si elle devait qualifier son métier en quelques mots, ils seraient adaptation et humanité.

Pour Aurélie, mis à part le jour de l’examen et l’obtention de son diplôme, les meilleurs souvenir qu’elle garde de sa formation à la SEPR sont la visite de l’usine PSA de Vesoul et celle du musée de l’aventure Peugeot à Sochaux.

« On a appris en faisant. En apprentissage, on apprend plus vite et on comprend mieux les choses. Par exemple, tout simplement, les boîtes de vitesses. C’est en démontant l’embrayage qu’on peut comprendre très facilement le fonctionnement de la boîte ».

Maryna Kumeda et Marie Pesenti

Hakim Baibou, ancien entrepreneur, devenu professeur en automobile

Le choix du métier de l’automobile est devenu une évidence lorsque Hakim Baibou fait un stage de 3e dans un petit garage rue Croix Barret à Lyon. Le véhicule devient sa passion. Pendant son CAP (1999) et Bac pro (2001), il découvre un petit garage multimarque à Lyon 9e puis le garage Opel à Lyon 7e. Embauché par ce dernier, Hakim a déjà en tête un projet de création d’entreprise inspiré par son premier patron et ses parents, artisans. Mais avant, il souhaite acquérir une expérience dans tous les domaines de gestion d’un garage – accueil clients, service commercial, service après-vente, diagnostic, gestion administrative. Cette expérience est forgée dans les garages Volkswagen, Alfa Romeo, Mercedes, Renault, Peugeot, et enfin Audi.

Enfin, il se sent prêt et fin 2007 crée son entreprise rue Villon, à Lyon 8e. C’est une expérience inoubliable et très riche ! Les relations avec les clients lui apportent beaucoup de satisfaction. En parallèle, Hakim fait face à l’aspect moins gratifiant de l’entreprise : gestion administrative, volet juridique, contrôle d’un médecin de travail au moment d’arrivée d’un apprenti et surtout les horaires sans limite et sans repos. Mais ça vaut le coup !

En 2014, Hakim décide de mettre en parenthèse l’aventure entrepreneuriale et revenir au salariat afin de consacrer plus de temps à sa famille et à ses enfants. C’est à ce moment que la SEPR le sollicite pour lui proposer un poste de professeur. Depuis presque deux ans maintenant, Hakim retrouve le plaisir de transmettre, qu’il a découvert en tant que maitre d’apprentissage auparavant.

Sa meilleure expérience se répète tous les jours quand un apprenant le remercie pour ce qu’il a appris ou compris pendant le cours. Ceci, non sans quelques déboires bien entendu…

« Aujourd’hui, le métier de technicien de l’automobile, c’est d’être capable de réparer seul ce que des dizaines d’ingénieurs ont mis des années à construire. Mais c’est aussi le plaisir de l’automobile en tant que transport et source d’autonomie. Enfin, c’est un plaisir des véhicules d’exception.
Notre mission est de se mettre à la place du client qui vient souvent au garage à reculons, d’être polyvalent, curieux et passionné ».

Didier Usseglio, Cofely Axima

© Maryna Kumeda

Né en 1973 à Lyon, Didier Usseglio choisit d’abord les études en ébénisterie. Mais une autre offre d’apprentissage se présente et l’amène à s’inscrire en CAP électrotechnique à la SEPR en alternance avec une entreprise familiale SEGIB qu’il obtient en 1991.

En 1997, il entre chez SEITHA, transformée plus tard en une des branches de GDF SUEZ, - Cofely Axima, - spécialisée en génie climatique, protection incendie et réfrigération.

Ici, Didier s’occupe de l’électricité, puis évolue vers la maintenance CVC (chauffage, ventilation, climatisation), puis l’installation. Il a saisi la possibilité de changer et d’évoluer au sein de l’entreprise, grâce au travail sur des sites variés en taille, type d’activités et technologies utilisées. Entre temps, l’équipe de la maintenance a évolué de 60 à 200 personnes. Aujourd’hui, Cofely s’occupe de la maintenance des sites lyonnais aussi importants que Sanofi, Opéra de Lyon, Bayer, ou encore des écoles comme ISARA.

Sur le campus de la SEPR, Didier s’occupe de la maintenance du nouveau bâtiment « passif » de la SEPR depuis décembre 2013. C’est un des plus gros sites sur lequel il fait de la maintenance. L’intervention a été élargie sur l’ensemble du campus SEPR en juillet 2014. Didier passe trois jours par semaine pour assurer le bon fonctionnement des installations. Pour cet ancien apprenti de la SEPR, les moyens alloués à la formation des apprentis et les locaux flambants neufs représentent une évolution importante du cadre de la formation. La conception du bâtiment et la souplesse de l’organisation de l’école facilitent le travail de maintenance. Les équipes lui réservent leur meilleur accueil.

 

Métiers de la communication visuelle et de la chaîne graphique

Pauline Mariaccia, designer et auto-entrepreneuse

Pauline Mariaccia est passionnée de dessin depuis qu’elle est toute petite et a suivi des cours pendant deux ans pour se perfectionner. N’étant pas très scolaire, elle souhaitait s’orienter dès la fin de la troisième dans une filière artistique. N’ayant pas été sélectionnée elle décide de faire un CAP restauration et commence à travailler dans des établissements de luxe. Six ans plus tard, sa passion la rattrape et elle s’inscrit en Bac professionnel AMA (communication visuelle) à la SEPR.

Elle garde de la SEPR un assez bon souvenir malgré la différence d’âge avec les autres étudiants qui a parfois été déstabilisante. L’alternance était pour elle un élément primordial, puisqu’elle lui a permis de conserver une approche beaucoup plus manuelle que pendant des études classiques. Pauline a surtout un excellent souvenir de ses professeurs qui l’ont soutenue et lui ont permis de rattraper les cours qu’elle avait manqués suite à des ennuis de santé, afin qu’elle puisse passer son diplôme dans les meilleurs conditions.

Diplômée en septembre 2016, Pauline monte sa micro-entreprise, « Pauline Mariaccia Infographie », en octobre.
Ce choix audacieux s’explique par son sentiment d’être bloquée par une charte graphique trop contraignante, ressenti lors de la réalisation de son alternance à la Mairie de Saint-Étienne. Pour le moment elle réalise ses créations de chez elle car la location d’un local serait trop coûteuse. Elle aime particulièrement l’idée d’être indépendante, cela lui permet d’exprimer toute sa créativité et d’accorder une plus grande importance au dessin traditionnel par rapport au numérique. C’est pour cette raison qu’elle réalise toujours une première esquisse manuellement.

Actuellement, elle travaille essentiellement pour les particuliers, notamment pour créer des logos, des affiches et des flyers. Le marché de la création graphique étant concurrencé par les nombreux logiciels permettant à tout un chacun de réaliser soi-même différents projets, elle rencontre parfois un manque de reconnaissance pour la valeur de son travail. Malgré certaines difficultés propres aux entreprises qui débutent, Pauline parvient à fidéliser ses clients et souhaiterait désormais se développer à l’étranger, notamment aux Pays-Bas.

Pour le moment, elle réfléchit à l’investissement dans un appareil de sérigraphie et a pour projet de se diversifier en suivant une formation complémentaire en bases web à la rentrée de septembre 2017.

 

Gilbert Coudène, CitéCréation et ÉCohlCité

© Léa Bugnet

Né en 1951, à Oullins, Gilbert a suivi des études de sociologie et lettres modernes à l’Université Lyon 2, puis aux Beaux-Arts.

À 27 ans, il est à l’initiative de la CitéCréation, coopérative de peintres muralistes, qui a créé les murs peints lyonnais, aujourd’hui célèbres dans le monde entier. Néanmoins, les débuts de l’aventure étaient difficiles, les associés cherchaient à s’assurer un emploi stable en parallèle. C’est ainsi que Gilbert avec un collègue s’inscrivent à la SEPR pour passer un CAP d’opérateur-projectionniste qu’il a obtenu en 1981, en 6 mois.

« Nous cherchions des métiers qui nous permettraient de faire de la peinture dans la journée. Le jour même de l’obtention du diplôme nous étions embauchés pour ouvrir la salle du 4e étage de la Part-Dieu. C’était un des premiers multiplexes. Nous avons été embauchés sur le même poste, pour se relayer, ce qui nous permettait d’être souples et de peindre la journée. Ça a duré 4 ans. »

Chef de projets à CitéCréation, Gilbert Coudène et son équipe conçoivent et réalisent plus de 650 peintures murales, dans 24 pays, avec des filiales au Québec, à Berlin et des bureaux de représentation à Moscou, Jérusalem, Shanghai. En 2012, il co-fonde, avec l’école Émile Cohl, la meilleure école de dessin en France, une nouvelle école – ÉCohlCité-, établissement international d'enseignement supérieur en art mural. Située aujourd’hui à Oullins, cette école construit son nouveau siège sur le Campus Pro Lyon/Rhône-Alpes, où avec l’école Émile Cohl, elle va rejoindre la SEPR en 2016.

Pour Gilbert Coudène, passionné de la peinture qu’il a fait sortir dans la rue, le métier de peintre-muraliste est le plus vieux métier du monde :

« Il a 33 000 ans, dans la grotte Chauvet-Pont-d'Arc l’homme créait les peintures murales. D’autres peintures ont été réalisées sur toute la planète, que ce soit en Australie, au Tibet, ou en Afrique du Nord. Toutes les grandes civilisations en ont gardé les traces.  C’est une des plus vieilles, des plus grandes et de plus nombreuses traces de l’humanité, puisque il y a 33 000 ans, un individu s’est redressé pour peindre. »

CitéCréation travaille, à travers ses œuvres, sur les questions de la mémoire, de l’identité et de l’histoire. Certaines fresques ont fait partie de la réhabilitation de l’habitat social, comme le projet grandiose de 25 fresques murales créées lors de la rénovation du quartier des États-Unis (Lyon 8e) qui constituent aujourd’hui le Musée Urbain Tony Garnier, ou encore les fresques de la Sarra (Lyon 5e), le plus grand trompe-l’œil architectural du monde.
 

«  Nous voulons redonner de la fierté aux habitants. On dit que les murs, c’est la deuxième peau des habitants ».

Sylvain Batisse, professeur en enseigne

Sylvain découvre le métier d’enseigniste lors d’un job d’été à Clermont-Ferrand. La formation étant dispensée à l’époque dans seulement deux écoles en France, il commence un CAP enseigne à l’Ecole de Lorient et l’obtient en 1996, puis travaille aux quatre coins de la France (Bas-Rhin, Loire-Atlantique, Puy-de-Dôme).

En 2006, Sylvain intègre la SEPR en tant que formateur à temps partiel, gardant le pied dans l’activité professionnelle. Le nouveau métier lui demande beaucoup d’investissement et le retour en entreprise permet d’alterner les activités. Le professeur principal de l’enseigne partant à la retraite, Sylvain décide de prendre le relais et participe par la suite au lancement du diplôme de Bac pro.

Le métier de formateur peut être très gratifiant. Récemment, Sylvain a retrouvé un ancien élève ayant eu des difficultés scolaires : aujourd’hui c’est un professionnel mature qui s'épanouit dans son métier. Sylvain maintient d’ailleurs le lien avec beaucoup de ses anciens élèves.

Puis, il y a des journées plus difficiles, quand une classe n’est pas mature, hétérogène et avec des difficultés scolaires, où le plaisir de transmettre est supplanté par les mesures de discipline. Malgré ces quelques déboires du métier, « si c’était à refaire, je le ferai à nouveau », témoigne Sylvain.

Selon lui, le métier d’enseigniste consiste à apporter à chaque commerce une solution de signalétique et d’enseigne adaptée aux besoins des clients, en tenant compte des nouvelles technologies et des nouveaux matériaux. Si dans le passé le travail était plutôt manuel, aujourd’hui, les machines prennent toute leur place. 

Une enseigne efficace génère jusqu’à 40% du chiffre d’affaires, ce que tous les commerçants ne prennent pas en compte. Un enseigniste doit avoir à la fois des compétences graphiques pour concevoir l'enseigne et un savoir-faire technique pour la fabriquer. Il doit également proposer un conseil adapté au métier du client. Sylvain se souvient d'un pharmacien qui souhaitait une enseigne « Farmacie » dont la première lettre serait calligraphiée et qui avait reçu de nombreux courriers des clients mécontents de ce qu'ils considéraient comme une faute d’orthographe. Comme autre exemple, l’enseigne d’une boulangerie écrite en vieux français permet d'évoquer un  métier qui se veut issu de la transmission d’un savoir-faire ancien.

Claire Méjean, autoentrepreneur et passionnée des arts graphiques

Née à l’Arbresle, dans le Beaujolais, Claire Méjean ne trouvait pas sa place en seconde STG, la comptabilité et le droit n’étaient pas sa tasse de thé. Toujours attirée par les arts graphiques et par l’informatique, Claire décide de suivre un CAP en signalétique enseigne et décor à la SEPR en 2008 pour apprendre le geste technique en plus de l’infographie qu’elle maitrisait déjà. Cette formation a changé son regard sur le métier d’infographiste. Elle s’est retrouvée de l’autre côté de la chaine à l’impression et à la production.

Pour sa première année d’apprentissage, à 16 ans, elle travaille chez un peintre en lettres à Saint-Egrève, à rythme de l’alternance. Ici, elle crée des enseignes et imprime tout type d’adhésifs. Pour sa seconde année de CAP, chez MYdecoration à Lyon 9e, elle apprend à réaliser des stickers décoratifs de l’intérieur. L’expérience de travail dans deux entreprises lui a permis d’enrichir d’autant plus ses compétences.

A la fin de sa formation, Claire est embauchée pour deux ans par son maitre d’apprentissage. En CDI à mi-temps, elle profite du temps libre et monte son auto-entreprise. Elle commence par la production de cartes de visite, flyers, logos, puis, plus tard, réalise les dépliants et les plaquettes commerciales, du packaging. Aujourd’hui, elle est autoentrepreneur, travaille de chez elle et remplit facilement son carnet de commandes qui l’occupe à temps plein.

« N’importe qui voudrait exercer sa passion au quotidien. Je suis très contente de pouvoir le faire tous les jours. »

Les formations professionnelles apportent, selon Claire, une technique et une connaissance de la vie professionnelle. C’est une bonne solution pour les élèves qui souhaitent entrer plus tôt dans la vie active, car elle permet de garder le lien avec l’école et d’intégrer petit à petit le monde de l’entreprise.

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Portrait croisé : Hugo Millet (né en 1994) et François Barthélemy Arlès-Dufour (1797 - 1872)

Né en 1994, après avoir suivi une formation médico-sociale, Hugo Millet, passionné du dessin depuis son jeune âge, s’oriente vers cette formation et intègre la SEPR en 2011. Après un CAP en signalétique obtenu en 2013, il poursuit en Bac pro communication visuelle pluri-médias qu’il obtient en 2015.

Une première expérience réussie de performance graffiti lors de la fête de fin d’année 2014 (le panneau graffé par Hugo est toujours visible rue Feuillat), il propose à la SEPR de réaliser le portrait de son fondateur, François Barthélémy Arles-Dufour, projet qui lui tenait à cœur. Ce portrait visible sur le mur de la rue des Métiers a été inauguré à la fête de fin d’année 2015.

« Passionné de graffiti, réaliser une peinture dans les locaux de mon établissement a été pour moi un grand privilège. Ce projet me paraissait ambitieux lors de sa conception, mais le résultat obtenu m'a prouvé le contraire et n'a fait qu’accroître mon épanouissement. »

François Barthélemy Arlès, futur fondateur de la SEPR, est né en 1797. Fils d’un simple soldat, il paraît promis au métier des armes. Enfant de troupe, il reçoit une instruction rudimentaire, complétée au lycée impérial à Paris. Il débute sa « vie de lutte et de travail à 16 ans » en tant que saute-ruisseau d’une fabrique de châles, devient ouvrier, puis contremaître. En 1816, avec la réouverture des frontières, il obtient de son employeur de partir à la conquête des marchés extérieurs, avec pour tout bagage un assortiment de tissus et de châles. Il rencontre à Francfort, Prosper Enfantin, le futur "Père" du saint-simonisme, et adhère à ses idées.

En 1821, il est employé par les frères Dufour, l’importante maison de négoce de soie de Leipzig, dont il devient plus tard le gendre après son mariage avec Pauline Dufour. Puis il s’installe à Lyon et y prend la gestion de la maison Dufour. Il établira par la suite des succursales de sa maison à Paris, Saint-Etienne, Zurich, Crefeld, Londres.

François Barthélémy manifeste son attachement au principe de l'égalité des femmes et des hommes en accolant, dès son mariage, le nom de sa femme au sien. Grâce à lui, d’ailleurs, Julie-Victoire Daubié sera la première femme bachelière de France à Lyon. De l'Impératrice Eugénie, il obtiendra également que la Légion d'honneur soit décernée, pour la première fois, à la femme peintre, Rosa Bonheur.

Très rapidement après son installation à Lyon, Arlès-Dufour prend une place de premier plan dans la vie économique et sociale de la cité, puis du pays. Élu à la Chambre de commerce de Lyon pendant 36 ans, il est conseiller général du commerce et un promoteur du libre-échange, à l’initiative du Traité de commerce franco-britannique (1860). Il est membre du jury lors des Expositions nationales de Paris en 1844 et 1849, et à l’Exposition universelle de Londres (1851). Il participe à la création de la Banque de Lyon, du Crédit Industriel et Commercial et du Crédit Lyonnais.

Arlès-Dufour se convertit au saint-simonisme qui est destiné à assurer le bonheur aux hommes, à hâter l'évolution sociale, à transformer la société en société industrielle : "Toutes les institutions sociales doivent avoir pour but l'amélioration du sort moral, intellectuel et physique de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre." (Nouveau Christianisme, 1825)

Il est à l’initiative de la création du chemin de fer de Paris à Lyon et de Lyon à Avignon, de la Compagnie générale des Eaux et de la Société des Omnibus, mais aussi de la réalisation de la grande œuvre du canal de Suez au Caire.

L'amélioration de la condition ouvrière, selon le principe saint-simonien, a été l'objet de la constante sollicitude d'Arlès-Dufour : il est membre actif du Comité auxiliaire de bienfaisance, créateur d’un dispensaire homéopathique et co-fondateur, de la Société d’Instruction primaire du Rhône.

En 1857, il fondait, avec Désiré Girardon, l’Ecole centrale lyonnaise, désireux d'en faire une "Martinière supérieure".

Afin de permettre aux ouvriers également d’accéder à la promotion sociale par la formation professionnelle, il créé,  en 1864, la Société d'Enseignement professionnel du Rhône (SEPR).

Outre une bibliothèque populaire, ce sont enfin une école primaire libre, puis les Ecoles supérieures libres et laïques qu'il ouvre, à ses frais, à Oullins.

Commandeur de la Légion d’honneur, il avait été adjoint au maire de Lyon en 1830, conseiller municipal de la Guillotière, conseiller municipal de Lyon en 1855, et conseiller général du Rhône, après avoir refusé à diverses reprises la députation.

(Daprès Jacques Canton-Débat, par Maryna Kumeda)

Yves Pignard, comédien, metteur en scène et directeur de structures culturelles

© Tanguy Guézo

Yves Pignard, né en 1953, a été très tôt passionné du livre et décide de faire une formation en imprimerie par alternance à la SEPR. En 1971, il obtient le 1er prix du Progrès pour son CAP compositeur-typographe.  Yves poursuit à l’École promotionnelle de la SEPR et obtient un diplôme de cadre commercial d'imprimerie en 1974.

À cette époque Yves partageait déjà son temps entre le monde du livre et sa passion pour la musique et le théâtre. Acteur débutant et doué, il est recruté pour créer le service des relations publiques du Théâtre de Villefranche où il suivait les cours de théâtre.

Par la suite, Yves a l’occasion de travailler sur le théâtre de l’opprimé avec Augusto Boal, sur la décentralisation culturelle avec Jacques Huisman du Théâtre national de Belgique, sur l’expression vocale avec José Aquino de l’Orchestre du Capitole de Toulouse, de suivre l’enseignement de Lise Delamare de la Comédie Française… Toutes ces influences lui ont permis de voler de ses propres ailes en tant qu’acteur et metteur en scène.

En 1983, il prend la direction du Centre culturel Beaujolais et en 1991 également celle du Théâtre des Marronniers à Lyon, deux expériences complémentaires. La première lui permet de proposer des créations culturelles là « où les gens vivent au quotidien », la deuxième, faire découvrir les jeunes créateurs et le chant lyrique dans un théâtre labélisé « Scène découvertes ».

Sensible au monde économique, il a monté des clubs d’entreprises pour rapprocher les deux mondes qui parfois se méconnaissent.  Ce qui lui tient à cœur, c’est d’avoir un sens dans son travail, l’ancrer dans le territoire, créer du lien.

Ancien apprenti en industries graphiques, Yves est toujours très sensible à la communication autour des créations. Cela aide à affirmer la personnalité du lieu et d’une équipe.  De son expérience d’apprentissage, il fait un constat : quand un jeune est porté par sa passion, il se dépasse plus facilement ; quand son travail est reconnu, il n’a plus de sentiment d’infériorité et il évolue.

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Métiers d'art et de la création

François Simon-Fustier


 

L'horloger lyonnais

Quatrième génération d’horloger dans la famille, à 15 ans, François fugue par la fenêtre pour faire sa propre expérience…en horlogerie. De retour à la maison, son père l’envoie dans l’établissement le plus réputé, l’Ecole d’Horlogerie d’Anet (Eure-et-Loir). La formation était aussi exigeante que le compagnonnage et François suit jusqu’à 50h de formation chaque semaine.  « Le 1er mai, la tradition à Dreux voulait qu’on ferme les volets pour travailler. Les gamins des autres lycées jetaient les pierres dans nos fenêtres. »

François réussit brillamment son diplôme et collabore avec le directeur sur un projet de publication dans l’horlogerie en faisant les dessins. Diplômé en 1981, il est contacté par Citizen, leader japonais du secteur, mais préfère l’atelier-boutique familial. En 1987, il créé sa propre entreprise spécialisée dans les systèmes de gestion du temps (affichage et contrôle du temps de travail, de process et de sécurité), puis travaille pour un fournisseur sur ses mêmes produits appliqués à l’aéronautique ou la SNCF.  De l’horlogerie mécanique il passe donc à l’horlogerie numérique, « horloge » signifiant en ancien grecque « qui dit le temps ».

 « Ce qui distingue deux horlogers, c’est le nombre d’heures qu’ils ont passées en atelier et le catalogue de pannes qu’ils ont dans la tête.  Une grande partie du temps, on travaille avec nos mains en atelier, et une autre grande partie du temps on le passe à essayer de comprendre pourquoi ça ne marche pas ».

En 1997, en rangeant l’atelier de son père décédé, François tombe sur ses outils de travail et décide de retourner à son premier métier, sans vraiment connaître le marché et ses chances de succès. Il se positionne sur la réparation de tout type d’horloges  ou pendules, et jusqu’à l’horlogerie de l’édifice. Le chantier de réparation de l’horloge au château Vaulx-le-Vicomte a été emblématique à ce niveau. Plus tard, il répare des horloges à Cognac ou encore à Florence au Palais Strozzi, fais des démonstrations à Moscou.

Dans son atelier, à Caluire, il accueille deux apprentis (Léo, 1e année BMA horlogerie, et Léo junior, 2e année Cap horlogerie) et a embauché un ancien apprenti Robin en tant que chef d’atelier, après quatre années d’apprentissage en Cap et BMA. Enfin, Sébastien, chargé de développement, lui aussi formé avec la SEPR et qui s’occupe de la modélisation 3D. Selon François, certains horlogers n’ont jamais l’occasion de faire ce que les apprentis font dans son atelier : par exemple, remplacer les dents sur une roue ou les extrémités d’un axe. « En ce qui concerne l’apprentissage, tous les apprentis qui sont passés chez moi ne seront peut-être pas horlogers, mais il seront tous citoyens. Ils ont appris à être à l’heure, à respecter les consignes, à travailler en équipe, et surtout ils ont appris à apprendre. C’est la vraie richesse de l’apprentissage. »

Le nouveau chantier de François – grâce à une modélisation 3D créer une base de données d’horloges pour une diffusion et une sensibilisation au patrimoine vivant dans les musées et les châteaux. Son étude de 3D dans l’horlogerie ancienne a été soutenue par Bpifrance.

« Dans notre métier, nous sommes les seuls, hormis les chirurgiens, à intervenir sur un mécanisme qui fonctionne 24h sur 24h. Ce qui est fascinant, c’est que, par exemple, cette horloge comtoise a 166 ans et a réalisé donc 5 234 976 000 battements ! Vous imaginez ? On intervient sur ce mécanisme pour lui redonner la même espérance de vie, alors que même un PC très puissant a une garantie de 6 mois. Nous aidons les objets à traverser le temps, et en plus ce qui est intéressant, c’est que cet objet marque le temps. Il y a une double continuité. Enfin, ce sont des objets avec une valeur sentimentale et patrimoniale forte pour les familles qui les ont préservés ».

David Debard

 


© Maryna Kumeda

La SEPR révélateur de vocation !

David Debard a été adopté en Corée du Sud à l’âge de 4 ans. L’école n’étant pas son fort, en 5ème il découvre l’atelier de bijouterie aux portes ouvertes d’un lycée professionnel. A l’époque, il fallait passer un concours pour y entrer avec des manipulations de cuivre et du dessin et seulement 18 places disponibles. Arrivé 19ème, David se voit proposer une session de formation en couture en attendant de pouvoir repasser le concours en bijouterie. Il découvre un univers qui lui plait et reste au lycée pour préparer un Cap tailleur qu’il obtient en 1985.

David garde un très bon souvenir de sa formation :

« Grâce au CAP, j’ai acquis les bases dont j’avais besoin pour me lancer ensuite dans une école de stylisme et trouver un maître d’apprentissage qui m’a fait découvrir le travail réel en entreprise. Le contact avec les clients était intéressant et cela m’a apporté une vision du prêt-à-porter dont les méthodes sont différentes de celles de la haute couture. »

Après l’obtention du Cap, David intègre la maison de haute couture de Philippe Venet jusqu’en 1990 ce qui lui permet d’avoir un pied à Paris. Il réalise plusieurs missions de confection des tailleurs qui défilent sur les podiums. Travaillant dans une petite structure, David touchait à tout. La quantité de travail dans un laps de temps réduit était telle, qu’il fallait se donner à fond.

Suite à cette expérience, David reçois une proposition de contrat chez Olivier Lapidus, fils de Ted Lapidus. Là, encore il apprend énormément. Selon lui, plus les maisons sont importantes, plus les postes sont définis sans que l’on puisse passer d’une mission à l’autre. En 1995, David suit une formation à l’École de chambre syndicale de la couture parisienne. Après quelques années, il est licencié pour raisons économiques et se tourne vers l’intérim. Les offres les plus courantes concernaient la couture et non la toile (première ébauche en tissu), quant aux maisons il y a peu de places vacantes. C’est pour cette raison qu’il recommence à faire de la couture comme tailleur et enchaine plusieurs missions pour Ungaro, Scherrer, Chanel, Gauthier, etc., avant de revenir chez Chanel. David travaille au sein de cette grande maison de haute couture depuis 8 ans pour les collections de haute couture.

Richard Larget et Svetlana de Voronine, bijoutiers et entrepreneurs

Richard Larget (22 ans) et Svetlana de Voronine (23 ans) ont fêté le premier anniversaire de leur entreprise en juin. Il y a 18 mois, les jeunes bijoutiers ont créé leur atelier-boutique rue du Plat à Lyon 2e, tout près de la place Bellecour.

Après un bac pro commerce, Richard s’est lancé dans un cap bijouterie à Toulouse (2012), puis mention complémentaire (MC) joaillerie à la SEPR (2013) et une autre MC à Paris à l’École du Louvre (2014). De grands-parents bijoutiers qui avaient un atelier familial depuis 1975 à Toulouse, depuis tout petit il rêvait d’ouvrir son entreprise. Ses talents ont été récompensés par le bronze au concours de Meilleur apprenti de France.

Svetlana, quant à elle, créatrice dans l’âme, avait toujours un faible pour la gemmologie et le design, et cherchait un métier artistique. Minutieuse et patiente, son choix de bijouterie est devenu très vite une évidence. Après un cap (2011) et une MC bijouterie (2013) complétés par un CAP sertissage (2014), Svetlana est embauchée par son maître d’apprentissage dans l’atelier Tout l'Or du mont.

« L’alternance est une chance d’intégrer une entreprise et d’avoir une expérience professionnelle et davantage d’assurance en nos capacités. Sans ce passage, nous n’aurons pas osé créer notre entreprise ».

Les deux futurs associés se rencontrent à la SEPR pendant leur formation. Ensuite, dans l’atelier de Geoffroy Chappe dans les Monts d’Or, Svetlana et Richard apprennent toutes les facettes de gestion d’entreprise (communication, comptabilité, lancement d’une collection), pendant que Richard suit un diplôme d’entrepreneuriat au CNAM, - et décident de franchir le pas et créer leur propre entreprise.

En 6 mois, tout est ficelé : ils déposent les statuts, trouvent un local (un vrai coup de cœur !), font des travaux, contractent  un prêt bancaire, et ouvrent l’Atelier Joaillier en juin 2015. Depuis, leur activité a vraiment décollé, les clients viennent seuls ou par le bouche à oreille. Chacun s’occupe de la partie d’activité qu’il préfère : Svetlana conçoit et dessine les bijoux, Richard – s’occupe de la gestion, de la compta et de la communication, tous les deux sont à la production.

Ils rêvent de se développer, d’embaucher et de plus en plus pouvoir concevoir et réaliser un bijou de A à Z. Dans leur atelier, seuls les matériaux « nobles » sont travaillés : or, platine, pierres précieuses.

« Créer un bijou pour quelqu’un signifie qu’on fera partie de son histoire : la personne va le transmettre en tant que son patrimoine personnel, aura un attachement particulier à cette production. Pour trouver l’idée d’une création personnalisée, avec les clients nous abordons les choses privées, nous transmettons nos idées et nos goûts ».

Richard et Svetlana sont accompagnés par la Fondation E&Y dans le développement de leur activité et souhaiterait obtenir le label Entreprise de patrimoine vivant. Les jeunes bijoutiers rêvent de valoriser le savoir-faire et la qualité de l’artisanat lyonnais et créer un label des métiers d’art.

Alice Daguin, future archetière

© Léo Germain

Alice, 23 ans, a tenté plusieurs métiers avant de trouver sa voie. BEP et bac pro comptabilité en poche, elle fait une mise à niveau en arts appliqués. À la recherche d’un métier manuel, elle décide de faire un apprentissage en cordonnerie, mais ne trouve pas de patron. Elle se résigne à suivre un apprentissage en CAP archetier… chez son père.
Franck Daguin a également suivi son CAP mais en ébénisterie à la SEPR en 1989, et aimait beaucoup la sculpture sur bois et la marqueterie. C’est par pur hasard qu’il se lance dans un nouveau métier en répondant à une annonce de réparation de meubles chez l’archetier Schmidt. Il reste 10 ans chez ce passionné de l’archet et apprend son métier sur le tas, avant d’ouvrir son atelier rue Tupin à Lyon 2e.
En arrivant à l’atelier de son père, Alice n’avait aucune idée du métier, et avoue que la première année a été dure et traversée de doutes sur sa vocation. Sous l’œil attentif de son père, elle découvre de nouveaux outils et le travail manuel, apprend à manier avec toute la minutie nécessaire les matériaux très précieux.

Aujourd’hui, elle a trouvé sa vocation. Alice explique la composition d’un archet et parle avec passion de la variété des matériaux : la baguette faite en bois de pernambouc provenant du Brésil; la mèche de crins de cheval ; la hausse (ou talon) en ébène, métal, ivoire ou écaille, ornée de nacre ; le bouton en bois d'ébène, garni de bagues d'argent, d'or ou de maillechort ; plaqués en ivoire, argent, or ou encore écaille de tortue. Seule apprentie en CAP archetier en France depuis plusieurs années, Alice vient de finir sa formation. Il faut une dizaine d’année pour maîtriser son travail, puis elle pourra reprendre l’atelier de son père.
Aujourd’hui, quatre archetiers sont installés sur Lyon et une cinquantaine en France. 80% de clients de Franck Daguin se trouvant à l’international, il produit une douzaine d’archets et en répare une centaine par an. La matière première étant presque toute classée et coûteuse, il faut une attention particulière pour l’approvisionnement et le travail. Ici, le gâchis est à éviter. Fait curieux, à la place de l’ivoire, on utilise également les défenses de mammouth…qui proviennent des glaces de la Sibérie.

Lire l’article du Progrès

Antonin Felix et Alexandre Tripier, ébénistes et entrepreneurs

Antonin découvre le bois avec son grand-père menuisier en région grenobloise. Après un diplôme de fin d'études secondaires des métiers d'art (DFESMA) à l’École Boulle de Paris, Antonin suite un CAP marqueterie au Lycée SEPR, puis choisit l’alternance pour son bac pro et diplôme des métiers d’art (DMA) ébénisterie qu’il obtient en 2008 à la SEPR, après quelques récompenses (médailles d’or meilleur apprenti en marqueterie puis en ébénisterie, lauréat du concours général des métiers). L’expérience en entreprise lui permet de faire évoluer ses compétences, d’intégrer dans son travail les contraintes de rentabilité et la sociabilité avec le client. D’abord apprenti en boite d‘agencement, Antonin découvre ensuite la conception et le travail sur les plans en agence d’architecture. C’est tout naturellement qu’en 2010, à 25 ans, le jeune diplômé reprend l’atelier de son grand-père pour ouvrir une entreprise. Avec quelques conseils de ses anciens patrons et le service d’un comptable, Antonin se lance avec un succès quasiment immédiat. Les clients viennent par le bouche à oreille et quelques contacts d’architectes, ou encore via le réseau isérois Bilik, une plateforme en ligne d’entrepreneurs qualifiés. Antonin préfère éviter une spécialisation trop étroite et fait aussi bien des escaliers, que du mobilier intérieur, des dressings. Son métier c’est avant tout l’art de bâtir, de construire et de fabriquer.

Alexandre, né en 1987 à Châbons en région grenobloise, découvre le bois en stage de troisième chez un ébéniste. Il est rapidement séduit par cette matière favorable à la création et aux différentes techniques. Après un CAP ébénisterie au lycée de Bourgoin-Jallieu, il suit un bac pro en alternance à la SEPR et chez un artisan à Pont-de-Beauvoisin, découvrant la fabrication de cuisines et agencement de chalets de haut de gamme. Toujours attiré par la création et l’ingénierie en amont de la fabrication, Alexandre suit un DMA en alternance dans un cabinet d’architecture intérieur (obtenu en 2008). Il découvre ici la conception et travaille sur le développement de projet architectural, les plans d’exécution pour les maisons de particuliers ou appartements, fait de la prospection clients et fournisseurs. Après l’obtention de son diplôme, embauché pendant 4 ans dans une société de contractants générale (travaux tous corps d’état et gestion d’un atelier de fabrication en interne) à Chambéry, Alexandre est dessinateur-projeteur tout corps d’état. Il fait les plans d’exécution pour l’atelier, puis suit le chantier. Ensuite, il intègre une société à Aix-les-Bains pour s’occuper de la gestion complète de chantiers et développer l’atelier en interne avec pour projets l’habitat privé et l’hôtellerie. Pour Alexandre son métier représente un vrai plaisir de voir s’accomplir un projet bien conçu, mais également un contact et une émulation humaine.

Enfin, Alexandre a envie de prendre son envol et de se réaliser, tout en faisant ce qu’il aime. Il se met à son compte et ouvre un bureau d’études de projets architecturaux. Pour cela, il pense rejoindre la coopérative d’entreprise Cabestan, en région grenobloise. Naturellement, les deux anciens copains de promotion se tournent l’un vers l’autre et entament une collaboration qui promet d’être longue et bénéfique pour chacune des deux entreprises.

Selon Antonin et Alexandre, la chose la plus importante est de sortir de sa zone de confort, de toucher à tout et d’être polyvalent. C’est leur clé de succès !

Nelly Chemin, créatrice de bijoux contemporains

© Céline Bernetière

Née en 1989, Nelly s’oriente en bijouterie à la sortie de 3ème. « Je pensais avoir les qualités qui correspondaient, j’étais très minutieuse et j’aimais faire de très petites choses. C’est devenu rapidement ma passion ». Elle hérite en cela de ses parents et notamment son père, ébéniste de métier.

Nelly passe avec succès un CAP puis un BMA avec des prix d’excellence et un DMA en 2011. Quelques mois après la fin de sa formation, elle devient créatrice de bijoux contemporains et commence à développer son activité. Après une présence sur des marchés de créateurs, elle investit en deuxième temps les boutiques, aussi bien en France qu’à l’étranger (Suisse, Belgique…). Elle participera prochainement au salon « Tout feu tout flamme » en région parisienne et espère bientôt développer le nombre des ses revendeurs Suisses.

De ses années de formations, elle se souvient notamment de voyages à Milan et à Barcelone ou des salons professionnels à Paris - Maison et Objet ou encore Bijorhca, - où elle espère un jour exposer ses créations.

Ses bijoux contemporains sont à son image, francs, épurés, sensibles. Une quête de l’essentiel qui les rend intemporels et uniques. Etablie en Haute-Savoie depuis peu, cette région représente aussi pour elle une grande source d’inspiration. Son appareil photo en bandoulière, elle aspire à de longues balades, à  la recherche d’une belle lumière qui va mettre en valeur ses clichés et nourrir sa créativité. C’est ensuite dans son atelier que la créatrice façonne la matière, la découpe, la polit, pour donner corps à ses idées et exprimer toute la sensualité et la poésie qu’elle ressent.

« C’est un métier pas forcément agréable, au sens ou l’on se fait un peu mal, le métal est rude et peu évident à travailler. Il faut apprivoiser la matière elle ne fait pas tout ce qu’on veut ! »

Découvrez son travail sur : www.nellychemin.com

Luc Vaganay, entrepreneur, restaurateur de meubles anciens

© Léa Bugnet

Après une réussite au concours, Luc Vaganay suit un CAP d’ébénisterie à l’École Boisard et l’obtient en 1980. Sa première expérience est forgée chez les ébénistes-antiquaires, et à 23 ans il reprend la succession d’un atelier avec deux salariés. Depuis 1988, installé au 105 rue Vendôme à Lyon, il gère un atelier de restauration des meubles anciens, spécialisé dans les meubles marquetés du XVIIe à nos jours, les meubles massifs et de bois de sièges vernis au tampon.

Durant ces années, dans son atelier il a accueilli sept salariés et a formé un apprenti. Employeur de trois ébénistes aujourd’hui, Luc Vaganay souhaite fidéliser ses salariés et cela avec succès: un de ses salariés travaille à l’atelier depuis 28 années.

L’un des chantiers les plus importants a été la restauration des meubles du Palais de Justice de Lyon en 2008-2012. D’autres réalisations qui constituent la fierté de cet ébéniste sont la restauration du mobilier du Château de Bagnols, des Archives de Lyon, du Musée des Hospices de Lyon ou de la Préfecture du Rhône. Participer aux travaux de restauration du patrimoine culturel révèle pour lui le sens de son métier. Cet ébéniste est passionné de pouvoir redonner une nouvelle vie aux meubles anciens qui font partie du patrimoine familial, de conseiller les clients particuliers sur les techniques de restauration à utiliser.

C’est ainsi, qu’en examinant les meubles de certains clients, il a pu découvrir les estampilles d’ébénistes célèbres et faire découvrir à ces familles une véritable valeur d’un meuble jusqu’à-là oublié : une commode amenée par une châtelaine s’avérant être l’œuvre de Charles Topino ou une petite commode « très simple » qui se révèle provenir de la main de la célèbre famille Hache d’ébénistes grenoblois. Lors d’un de ces examens, Luc découvre sur une commode du XVIIIe siècle, la signature à l’encre - « W » - typique du mobilier fabriqué pour le château de Versailles. Après la restauration à l’atelier, la commode qui servait au rangement des jouets de Louis XVIII a été rachetée par le Musée et fait dorénavant partie de ses collections.

Chef d’entreprise artisanale labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant, Luc Vaganay est soucieux de la question de transmission du savoir-faire traditionnel français. Président de l’association Artisans d’art du 6e arrondissement, il est également membre des Artisans d’art de Lyon et du club d’entrepreneurs SEPR Générations Pro.

Catherine Perrin, enseignante en mode

©Léa Bugnet

Née à Lyon en 1975, Catherine s’est très tôt passionnée pour le bricolage et hésitait à faire des études d’architecture d’intérieur. Grâce à son frère qui s’inscrit en formation de CAP vitrailliste à la SEPR, Catherine découvre cette école et rentre en BEP industries maille-habillement en 1991 au lycée. Elle aime beaucoup le dessin technique, et la formation correspond tout à fait à ses attentes. Catherine a d’ailleurs reçu le prix d’excellence chaque année et a été récompensée en tant que déléguée de classe par un prix de  camaraderie d’Auguste Besse avec un voyage en Irlande qu’elle a partagé avec son frère. Après un BEP, elle poursuit en bac pro obtenu en 1995.

Grâce aux stages pratiques, elle découvre l’entreprise de lingerie Léouzon Vamp, et, après l’obtention de son diplôme, accepte la proposition de partir pour former 80 ouvriers à Madagascar. Elle n’a que 19 ans, et ce départ n’est pas facile pour son entourage.

Rentrée en France après 6 mois, elle poursuit sa formation en BTS matériaux souples à la Martinière Diderot et découvre la production de voiles de bateau lors d’un stage. Le diplôme de BTS en poche en 1998, Catherine travaille pendant deux ans comme mécanicienne en confection dans les vêtements pour l’armée dans l’Aveyron.

En 2000, elle fait un remplacement à la SEPR et reçoit tout de suite une proposition d’un poste fixe à la rentrée. Cela fait 15 ans qu’elle exerce le métier de professeur à la SEPR qui lui permet de transmettre sa passion et son savoir-faire. Les moments les plus difficiles sont les rentrées scolaires : il faut motiver et intéresser les jeunes à leur métier dont ils ont souvent une image faussée.

Teddy Haller,  ébéniste

© Augustin Détienne

« Je rêve de créer des objets, de devenir designer, pour faire travailler des artisans sur des pièces originales, mêler des matières et des techniques. »

Né en 1993, déjà petit Teddy bricolait des pièces de bois dans l’atelier de son père maçon. Après la 3e, il s’inscrit en CAP ébénisterie au Lycée Lamarque et obtient son diplôme avec succès. Au concours Meilleur apprenti de France, son coffre-bar est récompensé par une médaille d’or. La reconnaissance de sa création par des professionnels confirme son choix du métier. Il poursuit en BMA au Lycée Lamarque et réalise son premier projet personnel, de la création jusqu’à la fabrication.

Par la suite Teddy suit un DMA à la SEPR, en alternance avec l’entreprise Volpon, mettant ainsi le pied dans le monde professionnel. Avec le soutien de son entreprise, il a la chance de partir en stage en Finlande, ce qui lui ouvre de nouveaux horizons. Son binôme avec le maître d’apprentissage est d’ailleurs récompensé par un Trophée de la Chambre de Commerce de Lyon en 2014.

Pour son projet de fin d’études, en partenariat avec l’association « Enfants du Mékong », Teddy réalise le bureau Kamay. Celui-ci représente l’idée d’un lien entre le parrain en France et l’enfant parrainé en Asie du Sud-Est. L’objectif de l’association est d’amener ces enfants vers les études.

Grâce à la découverte de nombreux autres métiers d’art lors de sa formation à la SEPR, Teddy décide aujourd’hui de s’orienter vers le design. Son nouveau projet : suivre une formation en design de produits en septembre prochain.

Mélisande Curtet, costumière

© Céline Bernetière

Née en 1983 à Aubenas, Mélisande obtient son Bac littéraire (option arts plastiques) et, sans projet d’études précis, décide de travailler et fait du mannequinat.
C’est une période très intense de sa vie. Elle souhaite toutefois retrouver une routine, des horaires fixes, et s’oriente vers une formation en couture.

« C’était quelque chose qui me plaisait beaucoup. J’ai toujours aimé les vêtements. Petite, j’ai dessiné beaucoup.
Après les avoir portés en faisant du mannequinat, cette fois j’avais envie de les créer. »

A de 20 ans, Mélisande s’oriente vers une mission locale et suit une pré-qualification de 6 mois dont 2 mois de stages : chez Styl Costumier où elle a pu réaliser sa première robe, puis chez Frédéric Alzra dans les robes de mariée.

Suite au succès de cette expérience, elle intègre la SEPR, obtient son BEP (brevet d’études professionnelles) métiers de la mode en un an (2005) et poursuit en Bac pro artisanat et métiers d'arts en alternance, apprentie au Théâtre de Grenoble (2007). Ici, elle découvre le monde du spectacle et le métier de costumier qui travaille dans les styles très variés : du vêtement de l’époque au style contemporain.

Mélisande poursuit en BTS industries des matériaux souples option modélisme industriel, d’abord au Théâtre des Célestins, puis, à l'Opéra National de Lyon. Pour décrocher le contrat d’apprentissage à l’Opéra, elle rappelle plusieurs fois, insiste pour rencontrer le chef d’atelier et vient avec deux professeurs, une recommandation et des exemples de ses créations. Après avoir réussi son BTS en 2009, elle est embauchée à l’Opéra en tant que costumière.

Mélisande est heureuse d’avoir fait de l’alternance, car cela lui a permis d’avoir des responsabilités et une certaine autonomie. Elle parle de son métier de costumière avec beaucoup de passion : les costumiers-concepteurs viennent du monde entier ; leurs maquettes sont utilisées pour créer des costumes sur mesure pour l’opéra et le ballet. Des costumes de belle finition faits à partir de belles matières. Chaque costume est unique.

« Mon métier est né d’une passion. C’est quand même génial de pouvoir se dire : j’ai quelque chose dans la tête et aujourd’hui je peux le réaliser. Je vois une matière, j’ai les yeux qui brillent et j’en fais quelque chose. C’est donner formes et vies à des matières. »

Émie Bruchon, en DMA ébénisterie à la SEPR, lauréate du concours général 2014.

Émie a 20 ans, elle est arrivée à la SEPR en première année de CAP Ébéniste à la rentrée 2010.
Après sa troisième, elle fait une seconde générale sans grande motivation : manque de sens à une formation qui ne lui correspondait pas. Elle dit avoir besoin d’un projet plus concret, d’une formation plus tangible.
Passionnée par la décoration, le design et la création, elle hésite entre intégrer une première STI Arts Appliqués ou une formation plus professionnelle. Pour se laisser le temps de la réflexion, elle choisit de visiter les lycées qui pourraient l’intéresser. C’est en découvrant la beauté des meubles des DMA ébénistes à la SEPR qu’elle choisit de s’inscrire dans cette formation. Elle intègre alors la SEPR en s’inscrivant en première année de CAP.

Elle effectue plusieurs stages dans des entreprises de différentes tailles. Elle développe ainsi ses connaissances sur la lecture de plans et les différentes composantes en ébénisterie. Motivée et séduite, elle participe à des projets spécifiques et à la résolution de problèmes exposés. Ses employeurs ont toujours su lui confier des missions très diverses et lui proposent déjà d’accomplir des travaux en parfaite autonomie. Son sérieux, sa motivation et son assiduité ont toujours apporté entière satisfaction aux personnes qui lui ont fait confiance.

« J'ai été assez stratégique dans le choix de mes stages. J'ai commencé chez un artisan puis j'ai cherché des entreprises d'agencement d’intérieur. Mon dernier stage s'est déroulé dans l'entreprise Volpon à St Fons, où j'ai été embauchée en apprentissage pour mon DMA habitat option décor et mobilier à la SEPR pour deux ans. Cette entreprise m'a également fait une promesse d'embauche pour la suite. J'aimerais acquérir suffisamment d’expérience après ces deux ans, pour ensuite me tourner vers la décoration d'intérieur. »

Si elle avait quelque chose à changer dans sa formation, ce serait en rapport avec le nombre d’heures de travail en atelier à l’école qui, selon cette amoureuse du bois, de ses lignes et de son odeur, n’est pas assez conséquent. Cependant, elle remarque avoir eu des professeurs qui lui ont transmis l’amour du métier, la passion de l’ébénisterie.

Lauréate du concours général, elle nous confie que ce fut un réel challenge à relever : « C'est vrai que se retrouver seule face aux plans sans avoir de ligne de conduite n'a pas été évident, il a fallu également gérer le stress et le temps, ajuster sa réflexion et être vraiment précis. J'ai eu beaucoup de moments de doutes, je pensais à ma pièce jour et nuit. Il fallait que je sois dans les trois premiers ! »

Émie est promise à un bel avenir !

Marie Pesenti

Célia Persouyre, ébéniste et prix Avenir Métiers d'Art 2012


© Celine Bernetière

Née à Saint-Céré (Lot), Célia passe son bac STI Arts appliqués et suit les cours à l’école des Beaux-arts à Clermont-Ferrand où elle se perfectionne dans le dessin et le volume. Souhaitant mener ses projets de A à Z et attirée par la matière du bois, elle fait le choix d’apprendre le métier d’ébéniste qui lui donnera les bases pour mettre en œuvre ses idées. Après un CAP en alternance chez les Compagnons du Devoir à Saint-Etienne, elle passe un DMA (diplôme des métiers d’art) à la SEPR en 2012. A cette occasion elle travaille en tant que menuisier dans les ateliers de l’Opéra de Lyon, « une riche expérience ».

Au concours du prix d’Avenir Métiers d’Art en 2012, Célia propose un hommage à la « chaise de bistrot », icône du design, imaginée par un ébéniste autrichien Michael Thonet, en 1859. Le mobilier se compose d’une table et quatre chaises où chacun des cinq éléments intègre dans leur construction un élément de la chaise Thonet. Pour faire cela, elle a imaginé, dans une lecture éclatée, un mobilier archétypal en rupture totale avec les lignes sombres et sinueuses de la chaise Thonet. Ce travail lui a valu le 1er prix au niveau régional en Rhône-Alpes et le 3e prix au niveau national.

Début 2013, Célia monte son atelier à Craponne, dans l’idée de répondre aux commandes de particuliers et de réaliser ses propres créations. Elle imagine et réalise des aménagements d’intérieur et du mobilier sur mesure. Mais surtout elle développe ses projets personnels à savoir des luminaires comme Cône au carré, sebdes et COKI, du mobilier répondant aux nouveaux besoins comme 4-adaptables qui offre la possibilité d’avoir 4 tables en une.

D’autres projets sont en cours et au bois s’ajoutent peu à peu de nouveau matériaux. 2014 a été pour elle une année tournée vers la collaboration : elle met en place des binômes entre les céramistes, les designers et les artistes pour diversifier sa pratique et enrichir sa technique.

" Mon métier ? Je ne me considère pas ébéniste. Mon patron disait qu’il faut dix ans d’expérience pour affirmer « je suis ébéniste ». Il faut aussi et surtout apprendre le langage du bois pour le parler couramment. Même si j’aime travailler ce matériau, je n’en ai pas la passion. Je me suis initiée à l’ébénisterie pour me constituer des bases solides pour pouvoir réaliser mes idées. Et aujourd’hui ce savoir-faire m’ouvre sur d’autres matériaux et techniques. Et aussi surprenant que cela puisse être, la méthode apprise pour fabriquer un meuble m’aide aujourd’hui pour coudre ou souder. "

Pour retrouver ses créations www.colocraft.fr

Matthieu Simian, lauréat du concours Prix d'Avenir des Métiers d'Art

Passionné des arts et plus particulièrement intéressé par la publicité, il passe un baccalauréat STI arts appliqués, puis se lance dans un BTS Design produits. Le souhait de devenir designer l’entraine à passer une licence professionnelle en Design, il fait alors son apprentissage dans une bijouterie.
A la fin de ce parcours, il décide d’aller plus loin dans le design produit et de passer également par la production. Il choisit ainsi de rejoindre la SEPR pour un CAP bijouterie en apprentissage. Il effectue ses deux premières années avec brio en alternance avec la bijouterie Charles Perroud. Deux années passent vite, Matthieu décide alors de se lancer dans une mention complémentaire pour sa troisième année. Il change d’entreprise et rejoint l’équipe de Rémy Challier, créateur et designer joaillier de pièces uniques, à Lyon.

Rémy Challier nous expliquera que le recrutement du jeune homme s’est fait de façon plutôt fortuite. Il n’était pas à la recherche d’un apprenti mais le profil de Matthieu l’a séduit : un book d’une trentaine de pages qui l’entraine dans son univers : de la passion, des idées, du génie !

En 2013, Matthieu Simian s’est inscrit au Prix d’Avenir des Métiers d’Art proposé par l’Institut National des Métiers d’Art, dans la catégorie CAP pour représenter la SEPR. Une première étape régionale franchie haut la main, le jeune homme se voit propulsé sur le devant de la scène à Paris. Un beau voyage puisqu’il remporte le 1er prix et se voit remettre la médaille du lauréat du concours.

Ce qui l’a fait gagner ? Une magnifique pièce d’une réadaptation du Léviathan : une structure en argent, ornementée autour d’une rare opale d’Ethiopie taillée particulièrement pour cette occasion, saupoudrée d’oxydes et soutenue par des perles du Japon. Un travail de plus de 400h qui a été récompensé. La remise des prix aura lieu en mai 2014 à Bercy.

Lorsqu’on parle d’avenir à Matthieu Simian, il ferme les yeux et nous répond : « l’avenir est un bien grand mot, je vis au jour le jour, explorant le champ des possibles ». Le jeune homme profite de chaque opportunité et ne se contraint à aucune (ou presque) obligation. Découvrir la vie pour construire son projet professionnel, en voilà un bel avenir pour vivre sa passion et se passionner pour la vie.

Mais des projets, Matthieu en a, il en porte un même dans son sac à dos. Une nouvelle pièce unique, un bijou qu’on ne porte pas mais qu’on admire, la représentation d’une pièce d’un portail d’un temple japonais : le chien, gardien des templiers. Le temple est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et le jeune homme est tombé amoureux du pays parce que « c’est un pays qui sait faire les choses correctement, ils ont une subtilité et une finesse indéniables ».

Cette création sera une vraie signature de Matthieu Simian : pensée, imaginée et créée par lui. Un mécanisme sera mis en place pour découvrir la totalité de l’intérieur de la pièce et plus précisément la bague qui sera cachée au cœur de celle-ci. Une idée de longue date, un nœud de mythologie, de religion et de beauté. La pièce sera composée d’argent, de pierres et de perles.

Le jeune homme va tout faire pour présenter sa pièce au concours Félix Rollet, organisé par le Rotary Club de Lyon, dans les mois à venir.

Marie Pesenti

 

Métiers du tertiaire et de la vente spécialisée

Géraldine et Sophie Autié, les cordonnières de la Croix-Rousse

© Léa Pommier

Après un BTS banque et assurance et quelques années de travail dans une banque, Géraldine décide de changer de voie. Sa sœur Sophie, DEUG en psycho et maitrise en droit social, suit la même voie, et les deux sœurs recherchent activement un projet qu’elles pourraient mettre en place ensemble. Toutes les deux plutôt bricoleuses, à la recherche d’une activité indépendante, elles se penchent sur le métier de décoration d’intérieur avant d’arriver à l’idée d’ouvrir un atelier de cordonnerie.

Cordonnerie, c’est le secteur où les professionnels constatent d’une seule voix une pénurie de mains d’œuvre, tout en dissuadant les deux sœurs de se lancer dans ce métier « masculin, car physique et technique » et leur proposant de s’orienter vers la couture. Après un petit moment de recherche d’un maitre d’apprentissage pour commencer en septembre 2012 son CAP cordonnerie multiservices en alternance à la SEPR, Géraldine trouve un patron qui lui fait confiance et chez qui elle apprend le métier de cordonnier et la gestion d’un atelier de A à Z. l’expérience qu’elle approfondit pendant une année après avoir obtenu le diplôme en tant que salariée.

Après de longues années de préparation, l’atelier des Cordonnières ouvre ses portes en août 2014, 12 rue Claude Joseph-Bonnet. Dans le quartier qui connut jadis une cordonnière dont les traces sont encore présentes dans le souvenir des habitants. Les compétences des deux sœurs dans le design et leur goût de l’artistique a permis de créer un atelier moderne qui expose régulièrement les productions en cuir et de la bijouterie. Géraldine forme Sophie au métier sur le tas, ensemble elles apprennent à gérer une entreprise.

«La création d’une société c’est un parcours de combattant et une expérience très formatrice. Notre atelier a été très vite sollicité par les clients et même les médias. Nous recherchons une qualité irréprochable. Nos clients, malgré le temps d’attente de trois semaines, sont nos fidèles. Le bouche à oreille nous aide beaucoup, car nous ne faisons pas de publicité.
Nous travaillons 6 jours sur 7 et finissons parfois les commandes tard le soir. Mais c’est très valorisant d’être reconnue par la profession. On nous dit souvent, «ah, mais c’est vous, les cordonnières de la Croix-Rousse 
».

Le rêve de Géraldine, 29 ans, et Sophie, 32 ans : pouvoir consacrer plus de temps à la création d’accessoires en cuir à l’avenir.

Philippe Bizet, fleuriste et président de l’association d’anciens la Toile SEPR

© Maryna Kumeda

Grandi dans la famille de fleuristes depuis trois générations, Philippe Bizet a tout naturellement choisi de suivre la même voie et a commencé son CAP en tant qu’apprenti chez Mackiewiez dans Lyon 8e en 1979. Après sa formation, Philippe est resté six ans dans la boutique de ses parents pour y apprendre l’art de gérer une entreprise. En 1990, il ouvre sa boutique de fleuristerie au centre commercial de Saint-Genis 2. Connaissant le métier du bout des doigts, Philippe a quelques appréhensions avant de se lancer, mais en tant que fils d’un chef d’entreprise, il s’est très vite senti comme un poisson dans l’eau dans son nouveau rôle.

Philippe emploie deux personnes dans sa boutique et forme tous les ans en alternance un ou deux apprentis en formation à la SEPR. Accueillir un apprenti représente pour lui une véritable remise en question des façons de faire et d’apprendre, et apporte une fraicheur et de nouvelles idées dans les compositions. Il fait également partie du jury des examens depuis les années 1990.

Philippe s’est également investi dans les organisations professionnelles. Faisant partie du club Interflora, il en est aujourd’hui le Président, et a intégré la chambre syndicale des fleuristes. Il s’investit auprès de l’association de chefs d’entreprise du sud-ouest lyonnais Solen, dont il a récemment pris la présidence. Sur ce dernier poste il a représenté les entreprises de la ville de St Genis Laval dans les actions de jumelage avec Tortosendo au Portugal.

Philippe constate le changement dans son métier depuis vingt-cinq ans qu’il exerce : il n’y a plus de règle générale, il faut agir dans l’instant, être visionnaire et créatif, proposer les solutions auxquelles la clientèle ne s’attende pas, originales, personnalisées et contemporaines. Il faut qu’une composition crée une ambiance. La recherche d’idées est permanente. Être fleuriste pour Philippe signifie d’apporter le bonheur aux gens, les inspirer. Ses clients viennent d’une zone géographique allant de Saint-Chamond jusqu’à Nord de Lyon.

Philippe Bizet est toujours très impliquée auprès de son école, SEPR. Tous les ans, il participe à l’organisation d’un concours interne pour les apprentis fleuristes – Graine de fleur -, afin de révéler et soutenir les talents des jeunes. Il est membre-fondateur du club d’entrepreneurs SEPR Générations Pro et a participé à la fondation de l’association d’anciens élèves, la Toile SEPR, dont il est devenu président en septembre 2015.

Kanako Imai, apprenante en CQP fromagerie

© Lyon.citycrunch.fr

Kanako Imai est une véritable amoureuse du fromage, ce qui est plutôt original pour une Japonaise ! C’est grâce à son père cuisinier qu’elle découvre dès son plus jeune âge les saveurs particulières des produits fermentés. Elle choisit ensuite de faire ses études dans la gastronomie : après une formation de pâtissière au Japon, Kanako effectue un premier long séjour en France, à l’école hôtelière. Déjà amatrice de produits de nos régions, une année passée à manger de la baguette et du fromage tous les jours déterminera sa vocation : devenir fromagère !

De retour au Japon, Kanako travaille pendant 10 ans pour une société importatrice de fromages et retourne souvent en France à la rencontre des producteurs. Parmi les spécialités fromagères italiennes, hollandaises ou suisses importées par sa société, les produits français sont de loin ceux qu’elle préfère : elle est donc très motivée pour revenir en France étudier sur place les secrets de fabrication (surtout ceux des fromages de montagne, ses préférés !) et rencontre grâce à un ami le propriétaire de la Fromagerie Tête d’Or, M. Lassagne.

Sur les conseils de ses proches, elle opte pour la formation de vendeur-conseil en crèmerie fromagerie de la SEPR. Outre la théorie de la fabrication du fromage, Kanako apprend le marketing et la gestion, et reçoit également une formation approfondie sur les normes d’hygiène ainsi que sur l’analyse sensorielle, ou la manière d’exprimer les saveurs du fromage pour mieux conseiller les clients.

La barrière de la langue ? Aucun problème ! Si Kanako était timide au début et n’osait pas parler avec les clients, elle est très bien entourée et a pris confiance en elle grâce au soutien et aux précieux conseils de Mélanie, sa collègue à la fromagerie.

Victoria Aulas, fleuriste et gérante du Jardin Célestin

 
©Léa Bugnet

En classe de 3e Victoria opte pour l’alternance afin de devenir indépendante et prendre son envol. Attirée par l’aspect artistique, elle hésite entre le dessin et la fleuristerie et finit par choisir cette dernière. A 15 ans, elle s’inscrit en CAP à Saint-Etiennen, puis poursuit en BP à la SEPR qu’elle obtient en 1999. La première période d’apprentissage, en CAP, s’est déroulée dans une entreprise familiale ; l’arrivée sur Lyon confronte la jeune fille à des employeurs plus exigeants, en attente de plus d’autonomie.

De ses années à la SEPR elle garde le souvenir de journées bien chargées : beaucoup d’exigence au travail, et un investissement toujours plus important pour les périodes scolaires. Son meilleur souvenir reste le concours, proposé aux apprenants en 2e année de BP, - Graines de Fleurs, - qu’elle avait remporté avec un ami.

Diplômée en 1999, elle continue à travailler dans le métier pendant quelques temps et puis s’essaie dans d’autres expériences professionnelles.

Elle reprend, finalement, son métier de fleuriste en 2005 et travaille comme responsable de boutique au Jardin Célestin, qui ouvre tout juste ses portes dans le 6e arrondissement. Une fois le magasin bien installé, la clientèle fidélisée, Victoria laisse sa place à une salariée et reprend un magasin de la même chaîne quais Célestins. Dynamique et motivée, en plus de son travail de responsable boutique, Victoria se lance dans le management de responsables de 5 autres magasins. Ses responsabilités s’élargissent, et elle assure désormais la gestion des ressources humaines, le recrutement et la formation du personnel ; en plus de ses tâches quotidiennes telles que les achats, la recherche et la création. En tant que responsable de concepts, Victoria envoie chaque semaine de nouvelles idées dans toutes les boutiques de la chaîne.

"La recherche demande de sans cesse s’adapter et se mettre au gout du jour – c’est la partie la plus intéressante. La recherche d’inspiration, à partir de la mode, de l’architecture, du design…

Le métier m’a vraiment permis d’évoluer de manière personnelle. Mon champ de vision s’est développé. Evoluer dans un domaine artistique est extrêmement gratifiant, on se rend compte du niveau atteint et se projette encore au-delà. On peut transcender tout ce qu’on a appris au préalable et voir de nouvelles possibilités de s’ouvrir. Comme un chemin qui ne s’arrêterait jamais. C’est absolument enrichissant : lié à une philosophie de vie, aux rapports avec les gens.

N’importe quel apprenti a besoin à un moment donné d’une personne « référent » : une personne charismatique, à qui on veut prouver quelque chose. Pour moi, c’était George Poizat, mon professeur de travaux pratiques en 1e année de BP. Je l’ai rencontré le jour de l’épreuve des travaux pratiques et j’ai appris par la suite qu’il était membre du jury du CAP. Il m’a surpris. Je l’ai croisé à la sortie et il m’a demandé si j’étais l’auteur de la pièce que je tenais dans les mains. Ce à quoi j’ai répondu positivement. Il m’a demandé si je poursuivais en BP. Je lui ai répondu que ça dépendait de mes résultats. En partant il m’a dit « à l’année prochaine ». J’ai appris qui c’était le premier jour de mes cours."

Maryna Kumeda et Marie Pesenti

 

Métiers de la bouche et de la restauration

Joseph Aimar, Meilleur ouvrier de France

portrait J. Aimar

© Corentine Charier

Originaire du petit village de Biot dans le sud, à 12 ans Joseph commence à aider un parent dans sa pâtisserie. Plus tard, il hésite entre trois métiers qu’il apprécie pour leur qualité artistique : la coiffure pour dame, la verrerie et la pâtisserie.

Lors d’un voyage, il découvre Lyon et s’inscrit en pâtisserie en 1958 trouvant toute de suite un patron.

Joseph apprend son métier chez un Meilleur ouvrier de France où en plus de la pâtisserie, il apprend la glacerie, la présentation élaborée, les coupes glacées. Ce n’était pas un métier facile : avec 60 heures par semaine, il travaillait le samedi et le dimanche, avec un jour de repos le lundi. C’est donc lundi qu’il suivait les cours à la SEPR, place des Jacobins et puis rue Sala. Après 4 années d’apprentissage, Joseph récompensé pour ses aptitudes, arrive 2e dans le Rhône lors de son examen du CAP.

À cette époque, passionné par les créations en sucre soufflé et en pastillage, exposés dans les vitrines de pâtissiers le 8 décembre, Joseph commence à travailler avec le sucre d’art et la glace sculptée.

Attiré par l’enseignement, Joseph Aimar donne des cours de technologie pendant 13 ans : à la SEPR dès 1972, puis au CFA Rabelais où les cours de la SEPR ont été transférés à partir de 1975. En même temps, il prépare le concours de Meilleur ouvrier de France qu’il obtient en 1976 après trois années de préparation, pour son travail sur du chocolat, de la glace et le sucre.

« Quand on obtient le titre de Meilleur ouvrier de France, on est un peu le gardien de ce qui se faisait avant ; tout en exerçant dans le présent, il faut aller vers le futur ».

En 1987, avec sa femme Anik il crée une entreprise dans les Monts d’Or lyonnais et gère pendant une vingtaine d’années cette pâtisserie, chocolaterie, salon de thé et service de traiteur. 18 apprentis en CAP et 3 apprentis en Bac pro sont formés et accompagnés au sein de cette entreprise par Joseph Aimar avec le soutien inépuisable de sa femme.

En plus des jeunes apprentis, il a accompagné des équipes étrangères à la Coupe du monde de pâtisserie au salon SIRHA, a formé des apprenants au Japon et en Israël, et initie aujourd’hui en tant que bénévole les adolescents de 11-14 ans aux métiers de pâtisserie à la Fondation Paul Bocuse.

« Quand on a acquis une certaine notoriété et une expérience, il faut les partager pour faire connaître ce que l’on sait faire et faire naître des vocations. Ça nous amène aussi à faire de belles découvertes. Les jeunes apportent beaucoup dans cet échange. »

 

Partenaires

Hugo Charbonnel, serial entrepreneur et président du club Générations Pro

© Maryna Kumeda

Quand on nait dans une famille d’entrepreneurs depuis quatre générations, il est difficile d’y échapper. Né en 1978, Hugo Charbonnel s’est donc très vite retrouvé chaque été dans l’entreprise fondée par l’arrière-grand-père de son père en 1896 à découvrir toute la chaine des métiers. L’entreprise qui d’un petit atelier de staffeur (plâtrier traditionnel) est devenue aujourd’hui un spécialiste de l’agencement global, propose à ces clients plafonds, planchers, isolation acoustique ou encore cloisons amovibles.

Après une formation en alternance à l’IDRAC complétée plus tard par un Master à l’EM Lyon, Hugo Charbonnel prend la direction de l’entreprise en 2009. Aujourd’hui, il gère la société d’une centaine de salariés, avec un chiffre d’affaire annuel de 12M €. Parmi les derniers projets de la société : les tours Incity et Oxygen, les nouveaux sièges d’Alstom, SEB, Biomérieux, GL Events…
Pour Hugo, gérer une entreprise c’est tout d’abord fédérer les individus autour d’un projet et d’une histoire à écrire ensemble. Sensible aux perspectives d’une entreprise libérée, il souhaite faire évoluer les compétences et impliquer chacun de ses salariés.

Entrepreneur compulsif, Hugo Charbonnel a fondé d’autres entreprises : la société de construction de maisons bioclimatiques et bâtiments tertiaires en ossature bois SOBÖ, la société de fournitures en hygiène sanitaire Ambios, la société de propreté Oreva, la société de production Keep dreaming pour accompagner son frère dans sa carrière de comédien.
L’énergie d’Hugo Charbonnel, père de trois enfants, l’amène aussi à s’engager en faveur de plusieurs causes sociétales. Au sein du Rotary, il s’occupe du dispositif Sentinelle qui a permis à 16 personnes en fin de droits de retrouver un emploi en 2015. Hugo Charbonnel intervient également au sein de Notre Dame des Sans Abris, et anime des simulations d’entretiens d’embauche aux apprenants à l’Ecole de la 2e chance et à la SEPR.

En 2015, il devient président du tout jeune club d’entreprises de la SEPR, Générations Pro, dont il veut faire une passerelle entre les jeunes apprenants et les entreprises et appuyer la SEPR dans l’accompagnement de futurs entrepreneurs au sein d’un incubateur qui reste à créer.

 

 

 

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