Luc Vaganay, entrepreneur, restaurateur de meubles anciens

© Léa Bugnet

Après une réussite au concours, Luc Vaganay suit un CAP d’ébénisterie à l’École Boisard et l’obtient en 1980. Sa première expérience est forgée chez les ébénistes-antiquaires, et à 23 ans il reprend la succession d’un atelier avec deux salariés. Depuis 1988, installé au 105 rue Vendôme à Lyon, il gère un atelier de restauration des meubles anciens, spécialisé dans les meubles marquetés du XVIIe à nos jours, les meubles massifs et de bois de sièges vernis au tampon.

Durant ces années, dans son atelier il a accueilli sept salariés et a formé un apprenti. Employeur de trois ébénistes aujourd’hui, Luc Vaganay souhaite fidéliser ses salariés et cela avec succès: un de ses salariés travaille à l’atelier depuis 28 années.

L’un des chantiers les plus importants a été la restauration des meubles du Palais de Justice de Lyon en 2008-2012. D’autres réalisations qui constituent la fierté de cet ébéniste sont la restauration du mobilier du Château de Bagnols, des Archives de Lyon, du Musée des Hospices de Lyon ou de la Préfecture du Rhône. Participer aux travaux de restauration du patrimoine culturel révèle pour lui le sens de son métier. Cet ébéniste est passionné de pouvoir redonner une nouvelle vie aux meubles anciens qui font partie du patrimoine familial, de conseiller les clients particuliers sur les techniques de restauration à utiliser.

C’est ainsi, qu’en examinant les meubles de certains clients, il a pu découvrir les estampilles d’ébénistes célèbres et faire découvrir à ces familles une véritable valeur d’un meuble jusqu’à-là oublié : une commode amenée par une châtelaine s’avérant être l’œuvre de Charles Topino ou une petite commode « très simple » qui se révèle provenir de la main de la célèbre famille Hache d’ébénistes grenoblois. Lors d’un de ces examens, Luc découvre sur une commode du XVIIIe siècle, la signature à l’encre - « W » - typique du mobilier fabriqué pour le château de Versailles. Après la restauration à l’atelier, la commode qui servait au rangement des jouets de Louis XVIII a été rachetée par le Musée et fait dorénavant partie de ses collections.

Chef d’entreprise artisanale labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant, Luc Vaganay est soucieux de la question de transmission du savoir-faire traditionnel français. Président de l’association Artisans d’art du 6e arrondissement, il est également membre des Artisans d’art de Lyon et du club d’entrepreneurs SEPR Générations Pro.

 

Catherine Perrin, enseignante en mode

©Léa Bugnet

Née à Lyon en 1975, Catherine s’est très tôt passionnée pour le bricolage et hésitait à faire des études d’architecture d’intérieur. Son frère apprenti en CAP vitrailliste à la SEPR, Catherine découvre les formations qui y sont proposées et rentre en BEP industries maille-habillement en 1991 au lycée. Elle aime beaucoup le dessin technique, et la formation correspondait tout à fait à ses attentes. Catherine a d’ailleurs reçu le prix d’excellence chaque année et a été récompensée en tant que déléguée de classe par un prix de  camaraderie d’Auguste Besse avec un voyage en Irlande qu’elle a partagé avec son frère. Après un BEP, elle poursuit en bac pro obtenu en 1995.

Grâce aux stages pratiques, elle découvre l’entreprise de lingerie Léouzon Vamp, et, après l’obtention de son diplôme, accepte la proposition de partir pour former 80 ouvriers à Madagascar. Elle n’a que 19 ans, et ce départ n’est pas facile pour son entourage.

Rentrée en France après 6 mois, elle poursuit sa formation en BTS matériaux souples à la Martinière Diderot et découvre la production de voiles de bateau lors d’un stage. Le diplôme de BTS en poche en 1998, Catherine travaille pendant deux ans comme mécanicienne en confection dans les vêtements pour l’armée dans l’Aveyron.

En 2000, elle fait un remplacement à la SEPR et reçoit tout de suite une proposition d’un poste fixe à la rentrée. Cela fait 15 ans qu’elle exerce le métier de professeur à la SEPR qui lui permet de transmettre sa passion et son savoir-faire. Les moments les plus difficiles sont les rentrées scolaires : il faut motiver et intéresser les jeunes à leur métier dont ils ont souvent une image faussée.

 

 

Yves Pignard, comédien, metteur en scène et directeur de structures culturelles

© Tanguy Guézo

Né en 1953, passionné du livre, il décide de faire une formation en imprimerie par alternance à la SEPR. En 1971, il obtient le 1er prix du Progrès pour son CAP compositeur-typographe.  Yves poursuit à l’École promotionnelle de la SEPR et obtient un diplôme de cadre commercial d'imprimerie en 1974.

À cette époque Yves partageait déjà son temps entre le monde du livre et sa passion pour la musique et le théâtre. Acteur débutant et doué, il est recruté pour créer le service des relations publiques du Théâtre de Villefranche où il suivait les cours de théâtre.

Par la suite, Yves a l’occasion de travailler sur le théâtre de l’opprimé avec Augusto Boal, sur la décentralisation culturelle avec Jacques Huisman du Théâtre national de Belgique, sur l’expression vocale avec José Aquino de l’Orchestre du Capitole de Toulouse, de suivre l’enseignement de Lise Delamare de la Comédie Française… Toutes ces influences lui ont permis de voler de ses propres ailes en tant qu’acteur et metteur en scène.

En 1983, il prend la direction du Centre culturel Beaujolais et en 1991 également celle du Théâtre des Marronniers à Lyon, deux expériences complémentaires. La première pour pouvoir proposer des créations culturelles là « où les gens vivent au quotidien », la deuxième, pour faire découvrir les jeunes créateurs et le chant lyrique dans un théâtre labélisé « Scène découvertes ».

Sensible au monde économique, il a monté des clubs d’entreprises pour rapprocher les deux mondes qui parfois se méconnaissent.  Ce qui lui tient à cœur, c’est d’avoir un sens dans son travail, l’ancrer dans le territoire, créer du lien.

Ancien apprenti en industries graphiques, Yves est toujours très sensible à la communication autour des créations. Cela aide à affirmer la personnalité du lieu et d’une équipe.  De son expérience d’apprentissage, il fait un constat : quand un jeune est porté par sa passion, il se dépasse plus facilement ; quand son travail est reconnu, il n’a plus de sentiment d’infériorité et il évolue.

 

Teddy Haller,  ébéniste

© Augustin Détienne

« Je rêve de créer des objets, de devenir designer, pour faire travailler des artisans sur des pièces originales, mêler des matières et des techniques. »

Né en 1993, déjà petit Teddy bricolait des pièces de bois dans l’atelier de son père maçon. Après la 3ème, il s’inscrit en CAP ébénisterie au Lycée Lamarque. Il obtient son diplôme en 2012. Au concours Meilleurs apprentis de France, son coffre-bar est récompensé par une médaille d’or. La reconnaissance de sa création par des professionnels confirme son choix du métier. Il poursuit en BMA au Lycée Lamarque et réalise son premier projet personnel, de la création jusqu’à la fabrication.

Par la suite Teddy suit un DMA à la SEPR, en alternance avec l’entreprise Volpon, mettant ainsi le pied dans le monde professionnel. Avec le soutien de son entreprise, il a la chance de partir en stage en Finlande, ce qui lui ouvre de nouveaux horizons. Son binôme avec le maître d’apprentissage est d’ailleurs récompensé par un Trophée de la Chambre de Commerce de Lyon en 2014.

Pour son projet de fin d’études, en partenariat avec l’association « Enfants du Mékong », Teddy réalise le bureau Kamay. Celui-ci représente l’idée d’un lien entre le parrain en France et l’enfant parrainé en Asie du Sud-Est. L’objectif de l’association est d’amener ces enfants vers les études.

Grâce à la découverte de nombreux autres métiers d’art lors de sa formation à la SEPR, Teddy décide aujourd’hui de s’orienter vers le design. Son nouveau projet : suivre une formation en design de produits en septembre prochain.

 

Kanako Imai, apprenante en CQP Fromagerie

© Lyon.citycrunch.fr

Kanako Imai est une véritable amoureuse du fromage, ce qui est plutôt original pour une Japonaise ! C’est grâce à son père cuisinier qu’elle découvre dès son plus jeune âge les saveurs particulières des produits fermentés. Elle choisit ensuite de faire ses études dans la gastronomie : après une formation de pâtissière au Japon, Kanako effectue un premier long séjour en France, à l’école hôtelière. Déjà amatrice de produits de nos régions, une année passée à manger de la baguette et du fromage tous les jours déterminera sa vocation : devenir “Super Fromagère” !

De retour au Japon, Kanako travaille pendant 10 ans pour une société importatrice de fromages et retourne souvent en France à la rencontre des producteurs. Parmi les spécialités fromagères italiennes, hollandaises ou suisses importées par sa société, les produits français sont de loin ceux qu’elle préfère : elle est donc très motivée pour revenir en France étudier sur place les secrets de fabrication (surtout ceux des fromages de montagne, ses préférés !) et rencontre grâce à un ami le propriétaire de la Fromagerie Tête d’Or, M. Lassagne.

Sur les conseils de ses proches, elle opte pour la formation de vendeur-conseil en crèmerie fromagerie de la SEPR. Outre la théorie de la fabrication du fromage, Kanako apprend le marketing et la gestion, et reçoit également une formation approfondie sur les normes d’hygiène ainsi que sur l’analyse sensorielle, ou la manière d’exprimer les saveurs du fromage pour mieux conseiller les clients.

La barrière de la langue ? Aucun problème ! Si Kanako était timide au début et n’osait pas parler avec les clients, elle est très bien entourée et a pris confiance en elle grâce au soutien et aux précieux conseils de Mélanie, sa collègue à la fromagerie.

 

Joseph Aimar, Meilleur ouvrier de France

portrait J. Aimar

© Corentine Charier

Originaire du petit village de Biot dans le sud, à 12 ans Joseph commence à aider un parent dans sa pâtisserie. Plus tard, il hésite entre trois métiers qu’il apprécie pour leur qualité artistique : la coiffure pour dame, la verrerie et la pâtisserie.

Lors d’un voyage, il découvre Lyon et s’inscrit en pâtisserie en 1958 trouvant toute de suite un patron.

Joseph apprend son métier chez un meilleur ouvrier de France où en plus de la pâtisserie, il apprend la glacerie, la présentation élaborée, les coupes glacées. Ce n’était pas un métier facile : avec 60h par semaine, il travaillait le samedi et le dimanche, avec un jour de repos le lundi. C’est donc lundi qu’il suivait les cours à la SEPR, place des Jacobins et puis rue Sala.

Après 4 années d’apprentissage, Joseph récompensé pour ses aptitudes, arrive 2edans le Rhône lors de son examen du CAP.
À cette époque passionné par les créations en sucre soufflé et en pastillage exposés dans les vitrines de pâtissiers lors du 8 décembre, Joseph commence à travailler avec le sucre d’art et la glace sculptée.

Attiré par l’enseignement, Joseph Aimar enseigne la technologie pendant 13 ans : à la SEPR dès 1972, puis au CFA Rabelais où les cours de la SEPR ont été transférés à partir de 1975. En même temps, il prépare le concours de Meilleur ouvrier de France qu’il obtient en 1976 après trois ans de préparation, pour son travail sur du chocolat, de la glace et le sucre.

« Quand on obtient le titre de Meilleur ouvrier de France, on est un peu le gardien de ce qui se faisait avant ; tout en exerçant dans le présent, il faut aller vers le futur ».

En 1987, avec sa femme Anik il crée une entreprise dans les Monts d’Or lyonnais et gère pendant une vingtaine d’années cette pâtisserie, chocolaterie, salon de thé et service de traiteur. 18 apprentis en CAP et 3 en Bac pro sont formés et accompagnés au sein de cette entreprise par Joseph Aimar avec le soutien inépuisable de sa femme.

Par ailleurs, il a accompagné des équipes étrangères à la Coupe du monde de pâtisserie au salon SIRHA, a formé des apprenants au Japon et en Israël, et initie aujourd’hui en tant que bénévole les adolescents de 11-14 ans aux métiers de pâtisserie à la Fondation Paul Bocuse.

« Quand on a acquis une certaine notoriété et une expérience, il faut les partager pour faire connaître ce que l’on sait faire et éventuellement faire naître des vocations. Ça nous amène aussi à faire de belles découvertes. Les jeunes apportent beaucoup dans cet échange. »

 

Gilbert Coudène, CitéCréation et ÉCohlCité

© Léa Bugnet

Né en 1951, à Oullins, Gilbert a suivi des études de sociologie et lettres modernes à l’Université Lyon 2, puis aux Beaux-Arts.

À 27 ans, il est à l’initiative de la CitéCréation, coopérative de peintres muralistes, qui a créé les murs peints lyonnais, aujourd’hui célèbres dans le monde entier. Néanmoins, les débuts de l’aventure étaient difficiles, les associés cherchaient à s’assurer un emploi stable en parallèle. C’est ainsi que Gilbert avec un collègue s’inscrivent à la SEPR pour passer un CAP d’opérateur-projectionniste qu’il a obtenu en 1981, en 6 mois.

« Nous cherchions des métiers qui nous permettraient de faire de la peinture dans la journée. Le jour même de l’obtention du diplôme nous étions embauchés pour ouvrir la salle du 4e étage de la Part-Dieu. C’était un des premiers multiplexes. Nous avons été embauchés sur le même poste, pour se relayer, ce qui nous permettait d’être souples et de peindre la journée. Ça a duré 4 ans. »

Chef de projets à CitéCréation, Gilbert Coudène et son équipe conçoivent et réalisent plus de 650 peintures murales, dans 24 pays, avec des filiales au Québec, à Berlin et des bureaux de représentation à Moscou, Jérusalem, Shanghai. En 2012, il co-fonde, avec l’école Émile Cohl, la meilleure école de dessin en France, une nouvelle école – ÉCohlCité-, établissement international d'enseignement supérieur en art mural. Située aujourd’hui à Oullins, cette école construit son nouveau siège sur le Campus Pro Lyon/Rhône-Alpes, où avec l’école Émile Cohl, elle va rejoindre la SEPR en 2016.

Pour Gilbert Coudène, passionné de la peinture qu’il a fait sortir dans la rue, le métier de peintre-muraliste est le plus vieux métier du monde :

« Il a 33 000 ans, dans la grotte Chauvet-Pont-d'Arc l’homme créait les peintures murales. D’autres peintures ont été réalisées sur toute la planète, que ce soit en Australie, au Tibet, ou en Afrique du Nord. Toutes les grandes civilisations en ont gardé les traces.  C’est une des plus vieilles, des plus grandes et de plus nombreuses traces de l’humanité, puisque il y a 33 000 ans, un individu s’est redressé pour peindre. »

CitéCréation travaille, à travers ses œuvres, sur les questions de la mémoire, de l’identité et de l’histoire. Certaines fresques ont fait partie de la réhabilitation de l’habitat social, comme le projet grandiose de 25 fresques murales créées lors de la rénovation du quartier des États-Unis (Lyon 8e) qui constituent aujourd’hui le Musée Urbain Tony Garnier, ou encore les fresques de la Sarra (Lyon 5e), le plus grand trompe-l’œil architectural du monde.
 

«  Nous voulons redonner de la fierté aux habitants. On dit que les murs, c’est la deuxième peau des habitants ».

 

Didier Usseglio, Cofely Axima

© Maryna Kumeda

Né en 1973 à Lyon, Didier Usseglio choisit d’abord les études en ébénisterie. Grâce à une offre d’apprentissage qui se présente, il choisit ensuite de suivre un CAP électrotechnique, à la SEPR, sur le site situé à Hénon, et, en alternance, dans une entreprise familiale SEGIB, de 1989 à 1991.

En 1997, il entre chez SEITHA, transformée par la suite en une des branches de GDF SUEZ, - Cofely Axima, - spécialisée en génie climatique, protection incendie et réfrigération.

Ici, Didier s’occupe de l’électricité, puis évolue vers la maintenance CVC, puis l’installation. Il a saisi la possibilité de changer et d’évoluer au sein de l’entreprise, grâce au travail sur des sites variés, aussi bien en taille, type d’activités et technologies utilisées. Entre temps, l’équipe de la maintenance a évolué de 60 à 200 personnes. Aujourd’hui, Cofely s’occupe de la maintenance des sites lyonnais aussi importants que Sanofi, Opéra de Lyon, Bayer, ou encore des écoles comme ISARA.

Sur le campus de la SEPR, Didier s’occupe de la maintenance - chauffage, climatisation, ventilation - du nouveau bâtiment « passif » de la SEPR depuis l’engagement de Cofely Axima, en décembre 2013. C’est un des plus gros sites sur lequel il fait de la maintenance. L’intervention a été élargie sur l’ensemble du campus SEPR depuis juillet 2014. Didier passe 3 jours par semaine pour assurer le bon fonctionnement des installations. Pour cet ancien apprenti de la SEPR, les moyens alloués pour la formation des apprentis et les locaux flambants neufs représentent une évolution importante du cadre de la formation. La conception du bâtiment et la souplesse de l’organisation de l’école, facilite le travail de maintenance. Les équipes lui réservent leur meilleur accueil.

 

Portrait croisé : Hugo Millet (1994 - )
et François Barthélemy Arlès-Dufour
(1797 - 1872)

Né en 1994, après avoir suivi une formation en médico-sociale, Hugo Millet, passionné du dessin depuis son jeune âge, s’oriente vers cette formation et intègre la SEPR en 2011. Après un CAP en signalétique obtenu en 2013, il poursuit en Bac Pro communication visuelle qu’il doit obtenir cette année.

Une première expérience réussie de performance graffiti lors de la fête de fin d’année cet été (le panneau graffé par Hugo est visible rue Feuillat), il propose à l’école de réaliser le portrait du fondateur de la SEPR, Arles-Dufour, projet qui lui tenait à cœur.

Ainsi, il réalise en octobre le portrait d’Arlès-Dufour sur le mur dans la rue des Métiers.

« Passionné de graffiti, réaliser une peinture dans les locaux de mon établissement a été pour moi un grand privilège. Ce projet me paraissait ambitieux lors de sa conception, mais le résultat obtenu m'a prouvé le contraire et n'a fait qu’accroître mon épanouissement. »

François Barthélemy Arlès, futur fondateur de la SEPR, est né en 1797. Fils d’un simple soldat, il paraît promis au métier des armes. Enfant de troupe, il reçoit une instruction rudimentaire, complétée au lycée impérial à Paris. Il débute sa « vie de lutte et de travail à 16 ans » en tant que saute-ruisseau d’une fabrique de châles, devient ouvrier, puis contremaître. En 1816, avec la réouverture des frontières, il obtient de son employeur de partir à la conquête des marchés extérieurs, avec pour tout bagage un assortiment de tissus et de châles. Il rencontre à Francfort, Prosper Enfantin, le futur "Père" du saint-simonisme, et adhère à ses idées.

En 1821, il est employé par les frères Dufour, l’importante maison de négoce de soie de Leipzig, dont il devient plus tard le gendre après son mariage avec Pauline Dufour. Puis il s’installe à Lyon et y prend la gestion de la maison Dufour. Il établira par la suite des succursales de sa maison à Paris, Saint-Etienne, Zurich, Crefeld, Londres.

François Barthélémy manifeste son attachement au principe de l'égalité des femmes et des hommes en accolant, dès son mariage, le nom de sa femme au sien. Grâce à lui, d’ailleurs, Julie-Victoire Daubié sera la première femme bachelière de France à Lyon. De l'Impératrice Eugénie, il obtiendra également que la Légion d'honneur soit décernée, pour la première fois, à la femme peintre, Rosa Bonheur.

Très rapidement après son installation à Lyon, Arlès-Dufour prend une place de premier plan dans la vie économique et sociale de la cité, puis du pays. Élu à la Chambre de commerce de Lyon pendant 36 ans, il est conseiller général du commerce et un promoteur du libre-échange, à l’initiative du Traité de commerce franco-britannique (1860). Il est membre du jury lors des Expositions nationales de Paris en 1844 et 1849, et à l’Exposition universelle de Londres (1851). Il participe à la création de la Banque de Lyon, du Crédit Industriel et Commercial et du Crédit Lyonnais.

Arlès-Dufour se convertit au saint-simonisme qui est destiné à assurer le bonheur aux hommes, à hâter l'évolution sociale, à transformer la société en société industrielle : "Toutes les institutions sociales doivent avoir pour but l'amélioration du sort moral, intellectuel et physique de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre." (Nouveau Christianisme, 1825)

Il est à l’initiative de la création du chemin de fer de Paris à Lyon et de Lyon à Avignon, de la Compagnie générale des Eaux et de la Société des Omnibus, mais aussi de la réalisation de la grande œuvre du canal de Suez au Caire.

L'amélioration de la condition ouvrière, selon le principe saint-simonien, a été l'objet de la constante sollicitude d'Arlès-Dufour : il est membre actif du Comité auxiliaire de bienfaisance, créateur d’un dispensaire homéopathique, à Lyon, et co-fondateur, de la Société d’Instruction primaire du Rhône.

En 1857, il fondait, avec Désiré Girardon, l’Ecole centrale lyonnaise, désireux d'en faire une "Martinière supérieure".

Afin de permettre aux ouvriers également d’accéder à la promotion sociale par la formation professionnelle, il créé,  en 1864, la Société d'Enseignement professionnel du Rhône (SEPR).

Outre une bibliothèque populaire, ce sont enfin une école primaire libre, puis les Ecoles supérieures libres et laïques qu'il ouvrit, à ses frais, à Oullins.
Commandeur de la Légion d’honneur, il avait été adjoint au maire de Lyon en 1830, conseiller municipal de la Guillotière, conseiller municipal de Lyon en 1855, et conseiller général du Rhône, après avoir refusé à diverses reprises la députation.
(D’après Jacques Canton-Débat, par Maryna Kumeda)

 

Hervé Brun, coiffeur, chef d’entreprise et tuteur de 23 jeunes diplômés en coiffure

© Léa Bugnet

Le lyonnais Hervé Brun a toujours été attiré par le métier de coiffeur pour son aspect artistique et le contact avec le public. Après un CAP, puis Brevet professionnel en coiffure obtenu en 1966 en alternance à la SEPR, il s’installe à 23 ans à son compte dans le 6ème arrondissement, quartier qu’il n’a plus quitté. Il est alors coiffeur et gérant de plusieurs salons, bien apprécié des habitants du quartier. Depuis plus de 15 ans il dirigeait l’activité du salon 6ème Art coiffure qui regroupe une équipe de 11 personnes, aujourd’hui cogéré avec son associé Olivier Levrat.

« Je crois que je fais partie d’une génération qui a beaucoup de chance : j’ai plusieurs centaines de personnes que je coiffe depuis le début de ma carrière, j’en suis à une 3ème génération. Vous ne pouvez pas coiffer des personnes depuis des dizaines d’années sans qu’il y ait une confiance et une confidentialité réciproque qui se mettent en place. »

Gérant et tuteur, Hervé Brun a présenté, pendant sa carrière, 23 apprentis en coiffure, en majorité formés à la SEPR, aux diplômes de CAP et de Brevet professionnel. Tous ont réussi leurs examens. L’objectif, partagé par son équipe, est de transmettre la connaissance et l’amour du métier. Chaque année, il est membre du jury pour la sélection régionale au concours national des meilleurs apprentis de France. Cette implication lui a valu la reconnaissance de l’Éducation nationale : il reçoit en 2010 les Palmes académiques et se voit élevé au grade d’officier en 2013.

Certains de ces apprentis se sont lancés dans l’aventure de création de leur propre activité, ils sont partis explorer le monde (New-York, Suisse, Montréal, Portugal). Ce secteur, très féminisé par ailleurs, permet aux femmes une indépendance professionnelle et leur ouvre plus facilement accès à la création d’entreprise.

Hervé Brun constate aujourd’hui l’attractivité accru du métier auprès des jeunes bacheliers, le niveau de culture général des apprenants a donc aussi augmenté. Cela participe à l’amélioration de l’image du métier qui ne constitue plus le choix par défaut. Par ailleurs, l’élément important dans la formation de coiffeur aujourd’hui est la gestion de son entreprise, l’aspect administratif et financier. Le métier de coiffeur évolue donc incessamment et ouvre toujours aujourd’hui de belles perspectives.

Mélisande Curtet

© Céline Bernetière

Née en 1983 à Aubenas, Mélisande obtient son Bac littéraire (option arts plastiques) et, sans projet d’études précis, décide de travailler et fait du mannequinat.
C’est une période très intense de sa vie. Elle souhaite toutefois retrouver une routine, des horaires fixes, et s’oriente vers une formation en couture.

« C’était quelque chose qui me plaisait beaucoup. J’ai toujours aimé les vêtements. Petite, j’ai dessiné beaucoup.
Après les avoir portés en faisant du mannequinat, cette fois j’avais envie de les créer. »

Âgée de 20 ans, Mélisande s’oriente vers une mission locale fait une pré-qualification de 6 mois dont 2 mois de stages : chez Styl Costumier où elle a pu réaliser sa première robe, puis chez Frédéric Alzra dans les robes de mariée.

Suite au succès de cette expérience, elle intègre la SEPR, obtient son BEP (brevet d’études professionnelles) métiers de la mode en un an (2005) et poursuit en Bac pro artisanat et métiers d'arts en alternance, apprentie au Théâtre de Grenoble (2007). Ici, elle découvre le monde du spectacle et le métier de costumier qui travaille dans les styles très variés : du vêtement de l’époque au style contemporain.

Mélisande poursuit en BTS industries des matériaux souples option modélisme industriel, d’abord au Théâtre des Célestins, puis, à l'Opéra National de Lyon. Pour être accueillie à l’Opéra, elle rappelle plusieurs fois, insiste pour rencontrer le chef d’atelier et vient avec deux professeurs, une recommandation et des exemples de ses créations. Après avoir réussi son BTS en 2009, elle est embauchée à l’Opéra en tant que costumière.
Mélisande est heureuse d’avoir fait de l’alternance, car cela lui a permis d’avoir des responsabilités et une certaine autonomie. Elle parle de son métier de costumière avec beaucoup de passion : les costumiers-concepteurs viennent du monde entier ; leurs maquettes sont utilisées pour créer des costumes sur mesure pour l’opéra et le ballet. Des costumes de belle finition faits à partir de belles matières. Chaque costume est unique.

« Mon métier est né d’une passion. C’est quand même génial de pouvoir se dire : j’ai quelque chose dans la tête et aujourd’hui je peux le réaliser. Je vois une matière, j’ai les yeux qui brillent et j’en fais quelque chose. C’est donner formes et vies à des matières. »

 

Emie Bruchon, en DMA Ebénisterie à la SEPR, lauréate du concours général 2014.

Emie a 20 ans, elle est arrivée à la SEPR en première année de CAP Ébéniste à la rentrée 2010.
Après sa troisième, elle fait une seconde générale sans grande motivation : manque de sens à une formation qui ne lui correspondait pas. Elle dit avoir besoin d’un projet plus concret, d’une formation plus tangible.
Passionnée par la décoration, le design et la création, elle hésite entre intégrer une première STI Arts Appliqués ou une formation plus professionnelle. Pour se laisser le temps de la réflexion, elle choisit de visiter les lycées qui pourraient l’intéresser. C’est en découvrant la beauté des meubles des DMA ébénistes à la SEPR qu’elle choisit de s’inscrire dans cette formation. Elle intègre alors la SEPR en s’inscrivant en première année de CAP.

Elle effectue plusieurs stages dans des entreprises de différentes tailles. Elle développe ainsi ses connaissances sur la lecture de plans et les différentes composantes en ébénisterie. Motivée et séduite, elle participe à des projets spécifiques et à la résolution de problèmes exposés. Ses employeurs ont toujours su lui confier des missions très diverses et lui proposent déjà d’accomplir des travaux en parfaite autonomie. Son sérieux, sa motivation et son assiduité ont toujours apporté entière satisfaction aux personnes qui lui ont fait confiance.

« J'ai été assez stratégique dans le choix de mes stages. J'ai commencé chez un artisan puis j'ai cherché des entreprises d'agencement d’intérieur. Mon dernier stage s'est déroulé dans l'entreprise Volpon à St Fons, où j'ai été embauchée en apprentissage pour mon DMA habitat option décor et mobilier à la SEPR pour deux ans. Cette entreprise m'a également fait une promesse d'embauche pour la suite. J'aimerais acquérir suffisamment d’expérience après ces deux ans, pour ensuite me tourner vers la décoration d'intérieur. »

Si elle avait quelque chose à changer dans sa formation, ce serait en rapport avec le nombre d’heures de travail en atelier à l’école qui, selon cette amoureuse du bois, de ses lignes et de son odeur, n’est pas assez conséquent. Cependant, elle remarque avoir eu des professeurs qui lui ont transmis l’amour du métier, la passion de l’ébénisterie.

Lauréate du concours général, elle nous confie que ce fut un réel challenge à relever : « C'est vrai que se retrouver seule face aux plans sans avoir de ligne de conduite n'a pas été évident, il a fallu également gérer le stress et le temps, ajuster sa réflexion et être vraiment précis. J'ai eu beaucoup de moments de doutes, je pensais à ma pièce jour et nuit. Il fallait que je sois dans les trois premiers ! »

Emie est promise à un bel avenir !

Marie Pesenti

Célia Persouyre, en formation à la SEPR de 2010 à 2012 en DMA Habitat décors et mobiliers


© Celine Bernetière

Née à Saint-Céré (Lot), Célia passe son bac STI Arts appliqués et suit les cours à l’école des Beaux-arts à Clermont-Ferrand où elle se perfectionne dans le dessin et le volume. Poussée par l’envie de mener ses projets de A à Z et attirée par la matière du bois elle fait le choix d’apprendre le métier d’ébéniste qui lui donnera les bases pour mettre en œuvre ses idées. Après un CAP en alternance chez les Compagnons du Devoir à Saint-Etienne, elle passe un DMA (diplôme des métiers d’art) à la SEPR en 2012. A cette occasion elle travaille en tant que menuisier dans les ateliers de l’Opéra de Lyon, « une riche expérience ».

Au concours du prix d’avenir métiers d’art en 2012, Célia propose un hommage à la « chaise de bistrot » icône du design, imaginée par ébéniste autrichien Michael Thonet en 1859. Le mobilier se compose d’une table et quatre chaises où chacun des cinq éléments intègre dans leur construction un élément de la chaise Thonet. Pour faire cela, elle a imaginé, dans une lecture éclatée, un mobilier archétypal en rupture totale avec les lignes sombres et sinueuses de la chaise Thonet. Ce travail lui a valu le 1er prix au niveau régional (Rhône-Alpes) puis le 3e prix au niveau national.

Début 2013, Célia monte son atelier à Craponne, dans l’idée de répondre aux commandes de particuliers et de réaliser ses propres créations. Elle imagine et réalise des aménagements d’intérieur et du mobilier sur mesure. Mais surtout elle développe ses projets personnels à savoir des luminaires comme Cône au carré, sebdes et COKI, du mobilier répondant aux nouveaux besoins comme 4-adaptables qui offre la possibilité d’avoir 4 tables en une.

D’autres projets sont en cours et au bois s’ajoutent peu à peu de nouveau matériaux. 2014 sera pour elle une année tournée vers la collaboration, elle met en place différents binômes (céramistes-designers-artistes) pour diversifier sa pratique et enrichir sa technique.

" Mon métier ? Je ne me considère pas ébéniste. Pour affirmer « je suis ébéniste » mon patron disait il faut dix ans d’expérience, il faut aussi et surtout apprendre le langage du bois pour le parler couramment et efficacement. Même si j’aime travailler ce matériau, je n’en ai pas la passion. Je me suis initiée à l’ébénisterie pour me constituer des bases solides pour concrétiser mes idées. Et aujourd’hui ce savoir faire m’ouvre sur d’autres matériaux et techniques. Et aussi surpremant que cela puisse être, la méthode apprise pour fabriquer un meuble m’aide aujourd’hui pour coudre ou souder ! "

Pour retrouver ses créations www.colocraft.fr

Jacques Mottard, Directeur de JSR Implantation enseigne "Carlance"

Carlance, centre de beauté sans rendez-vous n°1 en Rhône-Alpes, propose des prestations d’épilation, de soin du visage et du corps, d’amincissement, de bronzage et de manucure.

Parmi les différentes franchises du groupe, il y a le réseau de Jacques Mottard. Et depuis 2010,il a fait le choix d'entretenir des relations étroites avec la SEPR.
Chaque année jusqu'à deux apprenties vont se former en alternance dans les enseignes de Vaise, Oullins ou Charpennes.

C'est d'une volonté de développer l'apprentissage au sein de sa chaîne que ce chef d'entreprise a choisi de se laisser tenter par la formation en alternance. La recherche d’un centre de formation proposant le CAP esthétique en alternance l'a conduit spontannément à contacter la SEPR. Les premiers échanges ont été productifs et la confiance est renouvelée chaque année pour accueillir des jeunes en formation.
Sa société existant depuis 2006, le partenariat avec la SEPR, permet à Jacques Mottard d’accompagner son développement et de donner une chance manifeste aux jeunes. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on retrouve parmi ses salariées, des anciennes apprenties. Sa forte implication dans le système de l’apprentissage soutient les jeunes jusqu’à l’obtention de leur diplôme.

Jacques Mottard témoigne de son expérience : « Notre collaboration avec la SEPR est pour nous un succès, nous avons permis à toutes ces personnes de pouvoir obtenir le CAP et ainsi décrocher un premier emploi.
Actuellement, nous avons en poste comme esthéticienne deux anciennes apprenties formées à la SEPR.
Notre société comporte 3 centres et les bases nécessaires pour un apprentissage bien encadré sont en place.(maitre de stage formé auprès de la chambre des métiers, grille d’évaluation, rapport de contrôle qualité trimestriel, Chartre Carlance des prestations et protocole de soin) sont autant d’outils disponible pour rassurer et assister les apprentis.
L’implantation de la SEPR dans les nouveaux locaux est également un plus, pour permettre au apprentis de disposer de l’ensemble des outils nécessaires et ainsi s’acheminer vers la priorité « l’obtention du diplôme ».

Victoria Aulas, ex-apprentie en BP fleuristerie à la SEPR

 
©Léa Bugnet

Victoria opte pour l’alternance en 3ème pour devenir indépendante, prendre son envol. Attirée par l’aspect artistique, elle hésite entre le dessin et la fleuristerie et finit par choisir cette dernière. A 15 ans, elle décide alors de s’inscrire en CAP à Saint-Etienne. Elle poursuit ses études avec un BP à la SEPR qu’elle obtient en 1999. La première période d’apprentissage, en CAP, s’est déroulée dans une entreprise familiale ; l’arrivée sur Lyon confronte la jeune fille à des employeurs plus exigeants et qui sont en attente de plus d’autonomie.

De ses années à la SEPR elle garde le souvenir de journées bien chargées : beaucoup d’exigence au travail, et un investissement toujours plus important pour les périodes scolaires. Son meilleur souvenir reste le concours, proposé aux apprenants en 2ème année de BP, « Graines de Fleurs », qu’elle avait remporté avec un ami.

Diplômée en 1999, elle continue à travailler dans le métier pendant quelques temps et puis s’essaie dans d’autres expériences professionnelles.

Elle reprend, finalement, son métier de fleuriste en 2005 et travaille comme responsable de boutique au Jardin Célestin, qui ouvre tout juste ses portes dans le 6ème arrondissement. Une fois le magasin bien installé, la clientèle fidélisée, Victoria laisse sa place à une salariée et reprend un magasin de la même chaîne quais Célestins. Dynamique et motivée, en plus de son travail de responsable boutique, Victoria se lance dans le management de responsables de 5 autres magasins. Ses responsabilités s’élargissent, et elle assure désormais la gestion des ressources humaines, le recrutement et la formation du personnel ; en plus de ses tâches quotidiennes telles que les achats, la recherche et la création. En tant que responsable de concepts, Victoria envoie chaque semaine de nouvelles idées dans toutes les boutiques de la chaîne.

"La recherche demande de sans cesse s’adapter et se mettre au gout du jour – c’est la partie la plus intéressante. La recherche d’inspiration, à partir de la mode, de l’architecture, du design…

Le métier m’a vraiment permis d’évoluer de manière personnelle. Mon champ de vision s’est développé. Evoluer dans un domaine artistique est extrêmement gratifiant, on se rend compte du niveau atteint et se projette encore au-delà. On peut transcender tout ce qu’on a appris au préalable et voir de nouvelles possibilités de s’ouvrir. Comme un chemin qui ne s’arrêterait jamais. C’est absolument enrichissant : lié à une philosophie de vie, aux rapports avec les gens.

N’importe quel apprenti a besoin à un moment donné d’une personne « référent » : une personne charismatique, à qui on veut prouver quelque chose. Pour moi, c’était George Poizat, mon professeur de travaux pratiques en 1ère année de BP. Je l’ai rencontré le jour de l’épreuve des travaux pratiques et j’ai appris par la suite qu’il était membre du jury du CAP. Il m’a surpris. Je l’ai croisé à la sortie et il m’a demandé si j’étais l’auteur de la pièce que je tenais dans les mains. Ce à quoi j’ai répondu positivement. Il m’a demandé si je poursuivais en BP. Je lui ai répondu que ça dépendait de mes résultats. En partant il m’a dit « à l’année prochaine ». J’ai appris qui c’était le premier jour de mes cours."

Maryna Kumeda et Marie Pesenti

Aurélie Vogin, ancienne étudiante en métiers de l'automobile à la SEPR


©Sarah Gimenez

Aurélie a grandi à Rillieux. Malgré les réticences de sa famille, elle choisit de suivre une formation qui correspond à sa passion : l’automobile. Consciente des avantages de l’apprentissage, elle décide de suivre ses études en travaillant avec une entreprise en alternance. C’est au mois de janvier de son année de 3ème qu’elle prend cette décision et signe son contrat. Elle commence alors un CAP mécanique automobile en 1999, à 14 ans.
Ce milieu très masculin ne lui facilite pas son insertion dans le monde professionnel, mais Aurélie décide de ne pas baisser les bras. La première année, elle est la seule fille entourée de 800 garçons sur le site regroupant les formations en automobile et électricité à Hénon. Grâce à son caractère et sa force de persuasion, elle finit par être parfaitement intégrée et trouve son équilibre. Plus tard, elle bénéficiera même d’un accueil privilégié.

Un parcours pas toujours simple mais qu’elle a su mener avec brio. Elle est aujourd’hui très fière du chemin qu’elle a parcouru, des personnes qui l’ont accompagné et garde un lien étroit avec tous ses mentors.
Au début de sa formation, Aurélie doute de ses capacités et n’a pas toujours confiance en ce qu’elle fait. Elle se rappelle le jour de son premier examen, elle devait démonter un organe, plus rien n’était évident, elle ne savait plus comment faire. Après avoir retrouvé son calme, elle termine l’épreuve avec professionnalisme et se voit décerner la notre de 14 sur 20. Une belle première étape de franchie. En 2001, à la fin de son 1er CAP, Aurélie décide de continuer l’aventure et s’inscrit en CAP Vendeur magasinier en pièce de rechange automobile. Diplôme validé avec succès, elle se voit remettre le prix d’excellence pour son parcours avec la note globale de 19 sur 20.
Grâce à toutes les épreuves qu’elle a su surmonter, Aurélie gagne petit à petit confiance en elle et prend de l’assurance. Ces patrons, qui pouvaient la faire rougir au début, trouvent son travail de plus en plus remarquable et n’ont aucun doute en son efficacité.

Sortie du cursus scolaire, elle va travailler auprès d’un amoureux des voitures qui lui apprendra les méthodes traditionnelles de la mécanique. Dix années pendant lesquelles elle va être accompagnée par les « anciens » du métier qui lui feront découvrir le cœur des voitures. Une époque qu’elle n’oubliera jamais.
Par la suite, Aurélie devient responsable de magasin chez Drevet Citroen à Villeurbanne : elle gère toute la partie professionnelle, atelier mécanique et carrosserie, et assure même le suivi d’un apprenti. En 2014, l’aventure se poursuit et Aurélie devient responsable de magasin chez Deruaz Automobile à Caluire. Elle mène un poste polyvalent et riche : de la gestion administrative à celle en atelier, Aurélie est pleinement autonome et efficace. Elle est également responsable des apprentis qui viennent en formation dans son entreprise et se plait à leur transmettre le goût du métier et l’apprentissage de l’autonomie. Si elle devait qualifier son métier en quelques mots, ils seraient adaptation et humanité.

Pour Aurélie, mis à part le jour de l’examen et l’obtention de son diplôme, les meilleurs souvenir qu’elle garde de sa formation à la SEPR sont la visite de l’usine PSA de Vesoul et celle du musée de l’aventure Peugeot à Sochaux.

« On a appris en faisant. En apprentissage, on apprend plus vite et on comprend mieux les choses. Par exemple, tout simplement, les boîtes de vitesses. C’est en démontant l’embrayage qu’on peut comprendre très facilement le fonctionnement de la boîte ».

Maryna Kumeda et Marie Pesenti

Matthieu Simian, lauréat du concours Prix d'Avenir des Métiers d'Art

Passionné des arts et plus particulièrement intéressé par la publicité, il passe un baccalauréat STI arts appliqués, puis se lance dans un BTS Design produits. Le souhait de devenir designer l’entraine à passer une licence professionnelle en Design, il fait alors son apprentissage dans une bijouterie.
A la fin de ce parcours, il décide d’aller plus loin dans le design produit et de passer également par la production. Il choisit ainsi de rejoindre la SEPR pour un CAP bijouterie en apprentissage. Il effectue ses deux premières années avec brio en alternance avec la bijouterie Charles Perroud. Deux années passent vite, Matthieu décide alors de se lancer dans une mention complémentaire pour sa troisième année. Il change d’entreprise et rejoint l’équipe de Rémy Challier, créateur et designer joaillier de pièces uniques, à Lyon.

Rémy Challier nous expliquera que le recrutement du jeune homme s’est fait de façon plutôt fortuite. Il n’était pas à la recherche d’un apprenti mais le profil de Matthieu l’a séduit : un book d’une trentaine de pages qui l’entraine dans son univers : de la passion, des idées, du génie !

En 2013, Matthieu Simian s’est inscrit au Prix d’Avenir des Métiers d’Art proposé par l’Institut National des Métiers d’Art, dans la catégorie CAP pour représenter la SEPR. Une première étape régionale franchie haut la main, le jeune homme se voit propulsé sur le devant de la scène à Paris. Un beau voyage puisqu’il remporte le 1er prix et se voit remettre la médaille du lauréat du concours.

Ce qui l’a fait gagner ? Une magnifique pièce d’une réadaptation du Léviathan : une structure en argent, ornementée autour d’une rare opale d’Ethiopie taillée particulièrement pour cette occasion, saupoudrée d’oxydes et soutenue par des perles du Japon. Un travail de plus de 400h qui a été récompensé. La remise des prix aura lieu en mai 2014 à Bercy.

Lorsqu’on parle d’avenir à Matthieu Simian, il ferme les yeux et nous répond : « l’avenir est un bien grand mot, je vis au jour le jour, explorant le champ des possibles ». Le jeune homme profite de chaque opportunité et ne se contraint à aucune (ou presque) obligation. Découvrir la vie pour construire son projet professionnel, en voilà un bel avenir pour vivre sa passion et se passionner pour la vie.

Mais des projets, Matthieu en a, il en porte un même dans son sac à dos. Une nouvelle pièce unique, un bijou qu’on ne porte pas mais qu’on admire, la représentation d’une pièce d’un portail d’un temple japonais : le chien, gardien des templiers. Le temple est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et le jeune homme est tombé amoureux du pays parce que « c’est un pays qui sait faire les choses correctement, ils ont une subtilité et une finesse indéniables ».

Cette création sera une vraie signature de Matthieu Simian : pensée, imaginée et créée par lui. Un mécanisme sera mis en place pour découvrir la totalité de l’intérieur de la pièce et plus précisément la bague qui sera cachée au cœur de celle-ci. Une idée de longue date, un nœud de mythologie, de religion et de beauté. La pièce sera composée d’argent, de pierres et de perles.

Le jeune homme va tout faire pour présenter sa pièce au concours Félix Rollet, organisé par le Rotary Club de Lyon, dans les mois à venir.

Marie Pesenti

Claire Méjean, autoentrepreneur et passionnée des arts graphiques


©Lea Bugnet

Née à l’Arbresle, Claire Méjean ne trouvait pas sa place en classe de seconde STG (Sciences et Technologies de la Gestion) : comptabilité et droit ne lui plaisait pas du tout. Toujours attirée par les arts graphiques et par l’informatique, Claire décide de suivre un CAP en signalétique enseigne et décor à la SEPR en 2008 afin d’acquérir un savoir-faire manuel qui lui manquait. Cette formation lui a permis d’avoir un regard différent sur le métier d’infographiste, en se retrouvant de l’autre côté de la chaine – au coeur de l’impression et de la production. Pour sa première année d’apprentissage, à 16 ans, elle s’est retrouvée chez un peintre en lettres, NEW PUBLICITE, à Saint-Egrève (à côté de Grenoble), au rythme de l’alternance, 3 semaines sur 4. Cette année lui a permis d’apprendre à réaliser des enseignes, imprimer tout type d’adhésifs..
Pour sa seconde année de CAP – chez MYdecoration à Lyon 9e – elle a appris à réaliser des stickers décoratifs d'intérieur pour des particuliers principalement. Le fait de changer d’entreprise lui a permis d’avoir une double expérience, très enrichissante et importante pour son futur projet. Les deux années restent complémentaires. La première, pour son travail à l’extérieur, avec des clients professionnels. La deuxième, pour le travail avec des particuliers.

N’ayant pas pu passer ses examens, pour cause d’une erreur logistique, Claire travaille pendant deux ans chez son deuxième maitre d’apprentissage. En CDI à mi-temps, elle profite du temps libre et monte son auto-entreprise. Au début elle produit des supports simples : des cartes de visite, des flyers, des logos, puis, plus tard, - des dépliants, des plaquettes commerciales, du packaging. Aujourd’hui, elle est autoentrepreneur, travaille de chez elle et remplit facilement son carnet de commandes qui l’occupe à temps plein.

« N’importe qui voudrait exercer sa passion au quotidien. Je suis très contente de pouvoir le faire tous les jours. » Les formations professionnelles apportent, selon Claire, une technique et une connaissance de la vie professionnelle. C’est une bonne solution pour les élèves qui souhaitent entrer plus tôt dans la vie active, car elle permet de garder le lien avec l’école et d’intégrer petit à petit le monde de l’entreprise.

Claire Méjean
Auto-entrepreneur Freelance Infographiste
http://byedel.com
06 14 29 73 69

 

Philippe Ankri, ou l’art de la coiffure et de la transmission...


©LEA BUGNET

Né à Toulouse en 1961, il n’était pas prédestiné à faire de la coiffure son métier. C’est sa mère qui, convaincue de ses talents artistiques, l’oriente dans cette voie : Philippe n’est pas séduit. Elle lui suggère de rencontrer Bruno Villemagne, un talent de l’école Lorca, qui parviendra à le convaincre de débuter une carrière d’artiste. Il lui confie très vite brosse et sèche-cheveux, et l’aisance de Philippe l’impressionne. Ce dernier fidélisera très rapidement une belle clientèle et réussira parallèlement son CAP à la SEPR.

Suit une expérience de trois ans dans un groupe de franchise qu’il quittera pour "monter" travailler à Paris. Là, il est sollicité par les grands de la coiffure : Maniatis, Jean-Louis David, avec lequel il collabore sur des séances photo et vidéo pour les défilés de créateurs. Il entre en relation avec des bureaux de presse et travaille en free lance pour des défilés : Chantal Thomass, Thierry Mugler, Comme des Garçons, Claude Montana. Sa rencontre avec Maurice Franck lui ouvre les portes des maisons de haute couture : Nina Ricci, Revillon, Lanvin, Givenchy.

À vingt-cinq ans, de retour à Lyon, il crée sa propre affaire, s’installe, 2 place Maréchal-Lyautey et devient assez vite une référence nationale. Son concept de l’embellissement donne la priorité à la qualité, à la créativité, à la maîtrise des savoir-faire, à la recherche de l’excellence et de la perfection. Philippe Ankri a compris très tôt que le travail artistique ne suffirait pas et qu’il lui fallait maîtriser management, gestion et communication…

Autre principe de travail qui lui est cher : la transmission. Soucieux que chacun "puisse trouver sa place et réussir à se faire accepter par les autres comme un maillon indispensable de l’équipe", il reçoit chaque année des jeunes en apprentissage. "Tous les jours", leur dit-il, "vous devez apprendre quelque chose, comme je le fais encore aujourd’hui" : au-delà de la technique, c’est un état d’esprit qu’il veut transmettre. Et aussi les "3R" qui lui sont chers : regarder, ressentir, réaliser.

Aujourd’hui, Philippe Ankri se lance dans une nouvelle aventure : le groupe a ouvert un second écrin Ankri et sa propre école de formation, il y transmettra son expérience et son savoir-faire et réunira les talents de demain… Les formations seront données pour chaque métier et proposées à différents niveaux. À la transmission du savoir-faire artisanal s’ajouteront des formations inhérentes au management et au luxe.

Christiane Granger et Maryna Kumeda

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