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Victoria Aulas

Fleuriste et gérante du Jardin Célestin

En classe de 3e Victoria opte pour l’alternance afin de devenir indépendante et prendre son envol. Attirée par l’aspect artistique, elle hésite entre le dessin et la fleuristerie et finit par choisir cette dernière. A 15 ans, elle s’inscrit en CAP à Saint-Etiennen, puis poursuit en BP à la SEPR qu’elle obtient en 1999. La première période d’apprentissage, en CAP, s’est déroulée dans une entreprise familiale ; l’arrivée sur Lyon confronte la jeune fille à des employeurs plus exigeants, en attente de plus d’autonomie.

De ses années à la SEPR elle garde le souvenir de journées bien chargées : beaucoup d’exigence au travail, et un investissement toujours plus important pour les périodes scolaires. Son meilleur souvenir reste le concours, proposé aux apprenants en 2e année de BP, - Graines de Fleurs, - qu’elle avait remporté avec un ami.

Diplômée en 1999, elle continue à travailler dans le métier pendant quelques temps et puis s’essaie dans d’autres expériences professionnelles.

Elle reprend, finalement, son métier de fleuriste en 2005 et travaille comme responsable de boutique au Jardin Célestin, qui ouvre tout juste ses portes dans le 6e arrondissement. Une fois le magasin bien installé, la clientèle fidélisée, Victoria laisse sa place à une salariée et reprend un magasin de la même chaîne quais Célestins. Dynamique et motivée, en plus de son travail de responsable boutique, Victoria se lance dans le management de responsables de 5 autres magasins. Ses responsabilités s’élargissent, et elle assure désormais la gestion des ressources humaines, le recrutement et la formation du personnel ; en plus de ses tâches quotidiennes telles que les achats, la recherche et la création. En tant que responsable de concepts, Victoria envoie chaque semaine de nouvelles idées dans toutes les boutiques de la chaîne.

"La recherche demande de sans cesse s’adapter et se mettre au gout du jour – c’est la partie la plus intéressante. La recherche d’inspiration, à partir de la mode, de l’architecture, du design…

Le métier m’a vraiment permis d’évoluer de manière personnelle. Mon champ de vision s’est développé. Evoluer dans un domaine artistique est extrêmement gratifiant, on se rend compte du niveau atteint et se projette encore au-delà. On peut transcender tout ce qu’on a appris au préalable et voir de nouvelles possibilités de s’ouvrir. Comme un chemin qui ne s’arrêterait jamais. C’est absolument enrichissant : lié à une philosophie de vie, aux rapports avec les gens.

N’importe quel apprenti a besoin à un moment donné d’une personne « référent » : une personne charismatique, à qui on veut prouver quelque chose. Pour moi, c’était George Poizat, mon professeur de travaux pratiques en 1e année de BP. Je l’ai rencontré le jour de l’épreuve des travaux pratiques et j’ai appris par la suite qu’il était membre du jury du CAP. Il m’a surpris. Je l’ai croisé à la sortie et il m’a demandé si j’étais l’auteur de la pièce que je tenais dans les mains. Ce à quoi j’ai répondu positivement. Il m’a demandé si je poursuivais en BP. Je lui ai répondu que ça dépendait de mes résultats. En partant il m’a dit « à l’année prochaine ». J’ai appris qui c’était le premier jour de mes cours."


Portrait : Maryna Kumeda et Marie Pesenti
Photo : Céline Bernetiere

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